Cela faisait un moment que The Precinct était sur mon radar. Son trailer prometteur m’avait clairement donné envie d’enfiler l’uniforme d’un flic des années 90 et d’aller casser du voyou. Après un report de sa date de sortie, une question restait en suspens : l’attente en valait-elle vraiment la peine ?
The Precinct nous plonge dans la peau d’une jeune recrue de la police d’Averno City, une ville fictive en monde ouvert composée de plusieurs quartiers. Le jeu adopte une vue de 3/4 (avec un niveau de zoom réglable dans les options), et propose une direction artistique soignée. Ce n’est certes pas un triple A, mais le studio Fallen Tree Games a manifestement mis du cœur à l’ouvrage pour offrir une expérience visuelle agréable. Les jeux de lumière, notamment la nuit, sont particulièrement réussis et participent à l’ambiance. La météo et un cycle jour/nuit (bien que celui-ci ne soit pas en temps réel) enrichissent davantage l’atmosphère.
Vous incarnez donc un bleu, accompagné par un coéquipier chargé de vous apprendre les bases du métier. Après quelques missions tutoriels – qui vous plongent directement dans l’action avec fusillades et courses-poursuites, comme dans la démo – le jeu entre dans son rythme de croisière. L’aventure est structurée en quarts de travail, chacun offrant la possibilité de choisir vos objectifs : distribution de contraventions, surveillance des excès de vitesse, lutte contre les trafics, interventions sur des agressions ou des vols... Les incontournables du genre sont là.
Mais là où The Precinct se distingue, c’est dans la liberté donné au joueur. Choisir une tâche ne signifie pas que votre service se limitera à cela. Tout peut arriver. Une patrouille dédiée aux stationnements peut tout à fait se transformer en poursuite haletante ou en fusillade improvisée. Ce côté imprévisible casse la routine et évite la monotonie typique des autres simulateurs du genre, souvent cantonnés à une mission unique par session.
Comme je viens de le dire, les missions ne sont pas linéaires. Oubliez les police simulator sans vie ou on vous propose un seul objectif et ou tout est statique. Dans The Precinct, la ville réagie a vos actions. Lors d’une fusillade, les passants paniquent et fuient en criant, les suspects prennent la fuite ou tentent parfois de vous agresser, des accidents de la route peuvent survenir, et vous croiserez même d'autres unités de police en pleine poursuite. On se rapproche ici davantage de l’esprit d’un GTA (mais en étant du bon côté de la loi) que d’un de ses nombreux simulateurs.
Au fil de vos patrouilles, vous serez régulièrement appelé à enquêter sur des scènes de crime. Ces séquences scénarisées viennent rompre la routine, qui, malgré la diversité, finit tout de même par s’installer après quelques heures. Un mystérieux tueur sévit dans la ville, et vous serez directement impliqué dans l’enquête. En parallèle, vos interventions vous permettront de collecter des preuves contre différents gangs. Une fois suffisamment d’éléments réunis, vous débloquerez des missions spéciales visant à neutraliser des membres influents, souvent au prix d’affrontements musclés. Le tout est soutenu par une intrigue secondaire autour de l’assassinat d'un ancien policier. Tout cela donne une certaine motivation à avancer dans l'aventure afin de connaitre le fin mot de l'histoire et arrêter vous même les belligérants.
Maintenant que vous avez une idée du fonctionnement du jeu, laissez-moi vous raconter l’une de mes sessions de patrouille. Mon objectif du jour : prévenir de possibles agressions. Je suis au volant de ma voiture, avançant tranquillement.. Alors que je passe devant une boîte de nuit, une idée me traverse l’esprit : quel meilleur endroit pour dénicher quelques fêtards un peu trop chargés ? Ni une, ni deux, je gare la voiture, sors et me dirige vers la file d’attente qui s'est formée devant l’entrée du club.
— Bonjour madame, vos papiers s’il vous plaît !
Ce qui est appréciable, c’est que The Precinct permet de contrôler n’importe quel passant. Je lance une demande au central pour vérifier l’identité : pas de mandats en cours, rien à signaler. Mais l’interface m’indique que cette jeune femme semble nerveuse. Étrange. Je décide de procéder à une fouille. Bingo ! Possession de stupéfiants. À Averno City, on ne plaisante pas avec ça, c'est l'arrestation immédiate. Je lui lis ses droits et surtout, renseigne correctement dans l'interface le motif de son arrestation. Ensuite, deux options s'offre a moi : la conduire moi-même au poste ou appeler une autre unité pour s’en charger. Il y a encore toute la file a contrôler, pourquoi perdre mon temps ? J’appelle une autre voiture et je passe au suivant !
Ah, cette fois ci, le central m’informe que ce monsieur est recherché pour agression et il possède aussi des stupéfiants. Décidément. Je procède comme ça a 4 ou 5 arrestations. Ils ont tous quelque chose sur eux ! Couteau a cran d’arrêt, drogue, et même une arme à feu. Vraiment un bon spot.
Je vais pour contrôler la femme suivante.. À peine le temps de lui demander ses papiers qu’elle me bouscule et s’enfuit à toutes jambes. Pas question de la laisser filer ! Je lui ordonne de s’arrêter, sans succès. Elle se dirige vers un feu rouge, ouvre la portière d’une voiture arrêtée et éjecte le conducteur. Car-jacking en direct.
Heureusement, mon véhicule est tout proche. Je monte à bord et me lance à sa poursuite, sirènes hurlantes. Elle zigzague entre les voitures, met en danger des civils. Je demande des renforts, puis un hélicoptère pour garder un visuel si elle me distance. La course s’étire à travers les rues et ruelles, on frôle les piétons, on percute quelques éléments du décor — presque tout est destructible — je suis pied au plancher.
Cela a duré trop longtemps. Je fais une dernière demande : pose de herses. Elle évite la première, mais pas la seconde. Ses pneus crevés, sa voiture dérape et percute un autre véhicule au carrefour suivant. Fin de la cavale. Je la sors de force du véhicule et lui passe les menottes. Le central m’annonce qu’elle est recherchée pour homicide, rien que ça ! Tu m’étonnes qu’elle ai essayé de s’échapper ! Et elle vient d'allonger la liste de ses méfaits : refus d’obtempérer, vol de voiture, accident avec un autre véhicule.. Je procède à l’arrestation et, comme c'est la fin de mon quart, je la conduis personnellement au poste. Chaque quart accompli permet d’ailleurs de gagner de l’expérience, débloquant ainsi de nouveaux véhicules, équipements et compétences.
Voilà le genre d’histoire que vous allez vous «créer » en jouant à The Precinct. Peut-être ai-je été un peu zélé — j’étais censé prévenir des agressions, et me voilà en train de contrôler tout le monde a la recherche de stupéfiants. Mais c’est une des forces du jeu : il nous laisse libre de nos choix. On peut très bien ignorer un appel du central si l’envie n’est pas là, ou se détourner de son objectif initial pour suivre son instinct. Je ne saurais dire si la boîte de nuit était volontairement garnie de contrevenants par les développeurs, ou si c'était le fruit du hasard. Quoi qu’il en soit, on finit par se laisser embarquer, à se prendre au jeu, littéralement, et à se prendre pour un policier. Mon seul regret ? Impossible d’incarner un flic ripoux. On reste un "bon flic" quoi qu’il arrive, même si le système est plutôt permissif : j’ai écopé d’une simple perte de points d’expérience pour avoir enfermé quelqu’un… pour excès de vitesse.
The Precinct s’impose comme l’un des meilleurs jeux de police du moment. Dans un monde vivant et offrant une grande liberté d'exécution, on se laisse rapidement embarquer par le jeu et se sentir dans la peau d’un flic. Certes, une certaine répétitivité — inhérent au métier — finit par s’installer, mais les développeurs ont eu la bonne idée d’intégrer des séquences scénarisées bienvenues, qui relancent l’intérêt et donnent envie d’enchaîner les quarts, même si on aurait aimé davantage de ces moments scénarisés.
Nous sommes clairement ici face à un véritable jeu, avec un système bien plus proche de celui d’un Rockstar que d’un simulateur ultra rigide à l’allemande. Le tout est servi par une réalisation solide, aussi bien sur le plan graphique que technique : Décors destructibles, pas de ralentissement, et aucun bug notable après plusieurs heures de jeu.
The Precinct est donc une belle réussite pour qui cherche un jeu arcade qui sent bon les films policiers des années 90.
Le jeu a été testé entièrement sur PS5. The Precinct est disponible sur PC, PS5 et Xbox Series.
Dernière modification le 14/05/2025 à 08:44.
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