Après un Scott Pilgrim Vs. The World globalement apprécié, notre héros canadien revient cette fois-ci dans un jeu édité et développé par Tribute Games, qui nous offre une lettre d’amour aux jeux que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Simple trip nostalgique ou pépite intergénérationnelle ?
Les amateurs de la franchise ne seront pas surpris, le jeu regorge de clins d’œil et autres inspirations aux plus grandes œuvres vidéoludiques de l’ère 8 et 16 bits : Mario, MegaMan, Castlevania, et j’en passe d’autres. Que ce soit dans la direction artistique, dans le nom de certains lieux, on se retrouve en plein voyage dans le temps, et ce côté retro reste très cohérent avec la musique du jeu, et même avec le genre qui a connu ses moments de gloire sur nos vieilles consoles adorées. Ces choix esthétiques parleront peut-être moins aux plus jeunes, mais force est de constaté que le tout reste très plaisant et fonctionne plutôt bien.
L’une de ses qualités (et peut-être aussi l’un de ses défauts) est sa réinterprétation du genre. Le beat ‘em all, par sa nature, est très orienté arcade, linéaire et généralement assez simple à prendre en main. Et pourtant, Scott Pilgrim essaie de briser les codes, sans pour autant causer une révolution en mélangeant certains aspects de gameplay empruntés à d’autres types de jeux. Ici, la linéarité des déplacements est quelque peu atténuée grâce à un monde dans lequel le joueur peut se balader, les combats sont complexifiés grâce à un nombre de coups différents qui mettent en valeur un système de combos inspirés des jeux de combat qui marche bien pour ceux qui prennent le temps de le maîtriser, les personnages ont des statistiques à la façon d’un RPG qui peuvent être améliorées en équipant des accessoires, en mangeant, ou en récupérant certains objets lâchés par les boss, et plus rarement par des ennemis basiques. nMalgré ces tentatives, je me demande honnêtement si toutes ces mécaniques ne viennent pas dénaturer et diluer l’essence même du genre : est-ce qu’on a vraiment envie de passer du temps à augmenter les stats d’un personnage dans un beat ‘em all, est-ce qu’on a vraiment besoin d’une palette de coup digne d’un Street Fighter, est-ce qu’une carte, finalement assez petite et qui nous oblige à faire plusieurs aller-retours est réellement nécessaire ?
Dans l’histoire du mode aventure, Metal Scott, version robotique de notre héros, kidnappe tous les membres du groupe de son alter-égo de chair, et vole leurs instruments de musique. Il faudra alors traverser la ville et plusieurs failles spatio-temporelles afin de sauver tout ce beau monde. La plupart des failles ne seront accessible qu’après avoir retrouvé les bons instruments et après avoir appris le riff permettant de les ouvrir.
On ne va pas tergiverser dessus, le scénario n’est pas spécialement intéressant, les personnages sont tous très secondaires, l’écriture est assez simple… Bref, disons que l’attrait principal du jeu ne se trouvera pas dans le scénario. Outre Scott, plusieurs autres personnages possédant leur propre palette de coups sont jouables, ce qui permettra de faire varier les parties, et amène un peu de diversité pour les parties en multijoueur.
Et le cœur de l’expérience se trouve probablement dans son mode multijoueur. L’aventure en solo m’a un peu laissé sur ma faim, sa durée de vie très courte y est fortement pour quelque chose (comptez entre 3 et 5h pour le finir, dépendant du mode de difficulté et du niveau de complétion que vous souhaitez atteindre), mais si l’on considère que le jeu est d’abord pensé pour être joué à plusieurs, à la manière d’un party game qu’on lancerait lors d’une soirée jeux et bières avec ses amis, tranquillement affalés sur le canapé, d’un seul coup, beaucoup de choix font du sens : le nombre de personnages jouables, le système de combos qui n’est pas vital pour avancer confortablement dans le jeu, la durée de vie, les objets omniprésents, …
En bref, ce Scott Pilgim EX brille plus par ses combats dynamiques et son côté rétro qui en font un jeu multi très satisfaisant. Si vous êtes à la recherche d’un nouveau titre multi sans prétention, allez-y, mais pour ceux qui voudraient un beat ‘em all à jouer seul, passez votre chemin, l’expérience solo ne reflète pas le potentiel de fun du jeu.