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Le jour où je suis devenu un oiseau

Quand l'album jeunesse se mue en jeu vidéo

Depuis que je suis père, c’est-à-dire depuis environ cinq ans, je dévore avec un immense plaisir de nombreux livres pour enfants, chaque soir avant de coucher ma crapulette. J’en ai d'ailleurs écrit et publié un moi-même, grâce au soutien des autorités et d'une banque de ma région. Forcément, quand j’ai compris que le jeu Le jour où je suis devenu un oiseau (The day I became a bird) était l’adaptation d’un album jeunesse, J'ai fondu sur l'occasion tel un faucon sur sa proie.



J’ai testé la version PlayStation 5 : le titre pèse 1,3 Go et se parcourt exclusivement en solo. Dès l’écran d’accueil de la console, avant même de lancer l'aventure, la petite phrase située sous le titre donne le ton : « Quand elle parle, sa voix est douce comme le chant d’un oiseau… ».

De l'album poétique au conte interactif

À l’origine, il s’agit d’un ouvrage d’environ quarante pages écrit par Ingrid Chabbert et illustré par Guridi. Ingrid Chabbert est une autrice française reconnue pour sa sensibilité sur des thèmes comme les émotions et la différence. Quant à Guridi, son style est d’une simplicité poétique frappante. Bien que je n’aie pas encore lu le livre, je l’ai immédiatement ajouté à la liste des cadeaux pour ma fille.



Le jour où je suis devenu un oiseau, développé par Hyper Luminal Games et édité par Numskull Games, est disponible depuis le 16 avril 2026 sur PS5, Nintendo Switch et Steam. Selon l’édition, il faut compter entre 15 et 20 balles. Je vous spoile un peu mon avis, mais j’ai vraiment apprécié cette découverte. Toutefois, pour une durée de vie oscillant entre 1h30 et 2h, je pense qu’un prix légèrement inférieur aurait été plus juste ou tout du moins mieux reçu. Si vous avez le moindre doute avant achat, une démo est disponible.

Cette histoire tendre suit Frank, un jeune garçon maladroit qui découvre ses premiers émois amoureux pour sa camarade Sylvia. Le problème ? Elle ne semble s’intéresser qu’aux oiseaux. Pour attirer son attention, Frank se lance alors dans une transformation artisanale aussi touchante qu’originale.

Une immersion entre 3D et coups de crayon

Avant de débuter, le jeu propose de choisir entre des contrôles par défaut ou des commandes simplifiées. Très sincèrement, la configuration de base est déjà très accessible. Côté visuel, deux modes s'offrent à vous : le mode équilibré, fidèle à l'esthétique standard, ou un mode filtrage de couleurs qui met en avant les éléments interactifs. Pour une immersion totale, je vous recommande vivement le mode équilibré.

Petit conseil : dans les extras, vous avez accès à un court-métrage qui adapte l'œuvre originale. Surtout, ne le regardez qu'après avoir fini le jeu pour ne pas vous gâcher la surprise. Il est d'ailleurs un peu dommage qu'il soit débloqué dès le départ. Notez aussi que le lecteur de musique et l'artbook sont réservés à l'édition dite Feathered Adventurer à 20.-.



Le titre se découpe en plusieurs chapitres et journées. On y déplace Frank que l'on fait courir et interagir avec l'environnement. Un petit journal de quête, accessible via la touche triangle, permet de suivre sa progression. Pour avancer, il faut récolter des plumes dorées, soit en explorant, soit en participant à des activités simples comme jouer à la marelle ou danser près d'une radio.

Un voyage sensoriel pour petits et grands

Ce n’est évidemment pas sur la technique pure que l’on attend un tel titre, mais sur sa capacité à émouvoir. Si la musique est discrète et les bruitages sobres, la direction artistique possède un charme fou. Le mélange entre des décors en 3D colorés et des éléments dessinés au crayon crée une superposition vraiment réussie : on a l'impression d'évoluer physiquement dans les pages d'un livre.



Le jeu est volontairement simple et peut être mis entre les mains de jeunes enfants, à condition qu’ils sachent lire, car le titre n'est malheureusement pas doublé. Entre les phases narratives, vous devrez résoudre des puzzles. Si vous y êtes allergique, passez votre chemin, car ils sont relativement nombreux. Bien que j'aime en faire avec ma fille, j'avoue que quelques énigmes plus variées auraient évité une certaine redondance. Ce ne sont pas non plus les phases de vélo ou de vol qui sauvent le tout.

Prenez le temps de discuter avec vos camarades de classe. C’est facultatif, mais cela réserve de jolies surprises et quelques clins d'œil amusants à des licences comme Minecraft ou Pokémon.


Retrouver son âme d'enfant

Malgré ses petites imprécisions et sa répétitivité, c’est un jeu que j’ai envie d’aimer. Il m’a rappelé des plaisirs simples : le bricolage, les rêves d'enfant et les premiers battements de cœur. C’est une expérience que j’ai hâte de partager avec ma fille et qui m'a surtout donné envie d'acheter l'album original. Si vous souhaitez le faire découvrir à votre enfant et qu'il est trop jeune, privilégiez le livre lui-même ou bien le court-métrage disponible dans les extras.

Points forts

  • Le mélange entre décors en 3D et dessins au crayon offre un rendu visuel unique, donnant l'impression de voyager à l'intérieur d'un livre illustré.
  • Le récit traite des premiers émois amoureux et de l'enfance avec une grande délicatesse et une poésie rare.
  • Le jeu parvient parfaitement à capturer l'essence de l'enfance (bricolage, vélo, rêves) et à réveiller notre propre âme d'enfant.
  • Avec ses commandes simplifiées et son absence de "game over", le titre est idéal pour les jeunes joueurs et les parents qui souhaitent partager un moment calme.

Points faibles

  • À près de 20 francs pour l'édition la plus complète, pour moins de 2 heures de jeu, l'expérience peut sembler un peu courte pour le budget demandé.
  • Les nombreux puzzles et les phases de vélo/vol ont tendance à se répéter, ce qui crée une certaine redondance malgré la brièveté du titre.
  • Aucun doublage pour les plus jeunes qui ne savent pas encore lire.
  • Une fois l'histoire terminée et les plumes récoltées, il n'y a plus vraiment de raison de revenir sur l'aventure.



VERDICT: 6/10

Le jour où je suis devenu un oiseau a compris qu’il n’était pas nécessaire d’être long ou complexe pour raconter une histoire touchante. Sa rejouabilité est quasi nulle, même pour les chasseurs de trophées et de plumes, mais l'envol en vaut la peine. C’est un petit titre qui ne prétend pas révolutionner quoi que ce soit, mais qui parvient avec beaucoup de douceur à titiller notre âme d’enfant.




Critique rédigée par SoosKratoS
Publié le
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