Le paysage du jeu indépendant s’apprête à vibrer d’une énergie nouvelle avec l’arrivée en accès anticipé de Dead as Disco ce 5 mai 2026. Développé et édité par Brain Jar Games sous la direction de Will Cook, ce titre s'annonce comme une fusion audacieuse et électrisante entre la brutalité du beat'em up et la rigueur chirurgicale du jeu de rythme.
Présenté pour la première fois l'an passé, le projet avait déjà fait sensation grâce à une démo très bien reçue, avant de confirmer son potentiel lors du récent showcase Triple-i Initiative. À travers une esthétique néon qui sature l'écran de jaunes fluo et de roses électriques, le jeu impose immédiatement une identité visuelle forte, portée par le travail de Rohan Knuckey, où chaque frame semble transpirer le style et l'arrogance d'une culture club underground.
L’intrigue nous place dans les bottes de Charlie Disco – qui me rappelle un peu Travis de No More Heroes - une ancienne icône déchue revenue d’entre les morts pour une unique nuit de chaos. Son objectif est clair : briser la carrière et les os de ses anciens compagnons de groupe, devenus des idoles égocentriques représentant les genres musicaux dominants d'aujourd'hui, du rap au métal. Cette structure narrative, où l'on affronte tour à tour ses ex compagnons pour reprendre le contrôle de sa vie, évoque inévitablement l'univers de Scott Pilgrim. Derrière cette quête de vengeance aux allures de série noire pulp, le jeu semble porter un propos satirique sur la célébrité, tout en proposant une dimension émotionnelle où le héros tente de réunir son groupe originel au fil des affrontements.
Le cœur névralgique de l'expérience réside dans le Beat Kune Do, un système de combat où la musique n'est pas qu'un simple accompagnement, mais l'essence même de l'action. On y retrouve l'ADN d'un certain Hi-Fi Rush dans cette volonté de synchroniser les arts martiaux sur la bande-son, mais Dead as Disco choisit une approche différente : là où le titre de Tango Gameworks forçait chaque action sur le temps, ici, la musicalité sert la fluidité du combat de rue. Inspiré par le dynamisme de la série Batman Arkham, le gameplay exige une synchronisation parfaite pour que les esquives, les contres et les takedowns soient réellement dévastateurs. L'expérience s'avère particulièrement jouissive à la manette, offrant une sensation de flow où chaque coup de poing devient une note dans une partition martiale. La progression est rythmée par l'apprentissage de styles aux noms évocateurs comme le "Killa Flow" ou la "Tempête Parfaite", renforçant ce sentiment de puissance chorégraphiée. Si vous rêviez de fusionner Bruce Lee et Michael Jackson, ne vous réveillez surtout pas.
Même pour quelqu’un comme moi qui n’a absolument aucun sens du rythme, le rendu final et les sensations manette en main sont incroyables. Dans le mode Disco Infini, où l’on peut notamment rajouter nos propres morceaux, je me suis direct régaler avec des titres de la bande son d’Expedition 33 et de morceaux à l’ancienne de IAM, NTM ou même Dorothée ! Bon, par contre, sur la playlist de ma fille composée essentiellement de hits intemporelles comme Pirouette Cacahuète, le résultat est un peu plus mitigé mais bon, pas étonnant en même temps.
Entre deux sessions de combat intense, le joueur se retrouve au bar L’Encore, un quartier général géré par le personnage de Stix. C’est ici que l’aspect communautaire et évolutif du jeu prend tout son sens. En dépensant les Fans récoltés lors des combats, on peut améliorer les capacités de Charlie, débloquer de nouveaux objets décoratifs ou enrichir la playlist du bar. Ce hub permet de voir le monde du jeu reprendre vie visuellement, transformant un hall d'entrée lugubre en un espace lounge vibrant, tout en approfondissant l'histoire cachée du groupe à travers des souvenirs collectés.
L’une des forces majeures qui garantit une rejouabilité virtuellement infinie est l'algorithme d'analyse audio intégré. En permettant aux joueurs d'importer leurs propres morceaux dans l'arène Infinite Disco, le jeu adapte dynamiquement le flux des ennemis et le rythme des pièges environnementaux, comme des voitures tentant de vous écraser en mesure. Cette fonctionnalité, couplée à un mode "streamer-safe" pour éviter les droits d'auteur, montre que l'équipe audio menée par Kris Koslowski a pensé le titre comme une plateforme de performance totale, capable de s'adapter à n'importe quel genre musical.
Malgré cet enthousiasme, l'accès anticipé révèle logiquement quelques zones d'ombre qui ne demandent qu'à être polies. Si les boss bénéficient d'un soin exemplaire avec des phases variées et des cinématiques animées de grande classe, les ennemis de base manquent encore de personnalité et de diversité. De même, l'immersion sonore gagnerait à être renforcée par des doublages, car le quasi silence des personnages secondaires au bar crée un contraste avec l'énergie débordante de la bande-son. On note également quelques ralentissements techniques ponctuels qui, espérons-le, seront gommés au fil des mises à jour grâce aux retours de la communauté.
Avec plus d'un million de listes de souhaits et des évaluations déjà extrêmement positives sur Steam, Dead as Disco possède toutes les armes pour devenir un incontournable. Brain Jar Games prévoit environ un an de développement supplémentaire avant la version 1.0, période durant laquelle le titre s'enrichira d'une aventure solo complète, d'un mode coopératif et de nouvelles musiques originales. C'est un projet plein d'optimisme qui redéfinit le lien entre le son et l'interaction, proposant une expérience arcade centrée sur le scoring et le plaisir immédiat. Même si le contenu peut paraître encore un peu limité pour les joueurs les plus acharnés, la base est d'une solidité rare, faisant de ce titre une promesse vibrante pour l'avenir du jeu d'action indépendant. Quant à ceux et celles qui n’ont pas de PC, une sortie sur les différentes consoles semble évidente à terme, bien qu'aucune date n’ait encore été fixée.
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