Sorti le 4 septembre, Capcom fait renaître de ses cendres l’une de ses licences qui à vu le jour il y a déjà 25 ans sur PS2. Ceux qui ont quelques connaissances en culture et mythes japonais ne seront pas perdu, on y incarne le célèbre Musashi Miyamoto, probablement l’une des figures les plus emblématiques du Japon féodal, qui devra défendre Kyoto contre une invasion démoniaque venue tout droit de l’autre monde.
Dès les premières minutes, on entre dans le vif du sujet, notre samouraï préféré n’est clairement pas là pour enfiler des perles, et il vous le fera savoir tout au long de l’aventure : son but – suivre la voie de l’épée (way of the sword pour ceux qui ne seraient pas copains avec la langue de Shakespeare), et pour ça, il décide de défier tous les maîtres qu’il croise sur son chemin. Mais lors d’un énième duel contre son rival de toujours, un certain Sasaki Ganryu, il se fait sauvagement attaquer par d’étranges créatures ressemblant à des zombies, et termine son périple en enfer… Ou bien serait-ce en fait le début ?
C’est à ce moment qu’il reçoit des mains d’un étrange vieux monsieur (je vous fais grâce des spoilers sur son identité) un gantelet Oni, artefact étrange qui sera aussi important pour le scénario que pour le gameplay, car c’est ce dernier qui le maintient en vie, et qui lui permet de soigner ses blessures qui auraient dû être fatales en absorbant les âmes des Genma vaincus. Concrètement, selon la couleur, ces âmes auront un effet différent : les rouges servent de monnaie pour renforcer certains objets ou capacités, les jaunes restaurent la barre de vie, etc…
Le scénario est conté de manière très dramatique, les personnages arborant des expressions exagérées et des comportements très théâtraux, et ça fonctionne très bien ! On a vraiment l’impression de regarder un film de samouraï tout le long de la partie, que ça soit au niveau des dialogues (parfois un peu trop longs, mais la VF est un vrai délice), ou plus subtilement grâce aux plans utilisés pour les cinématiques, aux bruitages, ou encore à certains choix de design qui nous racontent des choses sans nous les dire explicitement.
Le jeu ne réinvente pas le genre, mais Capcom nous régale de tout son savoir-faire sur ce jeu. 2026 oblige, le gameplay a été remis au goût du jour par rapport à ses grands-frères, une barre d’endurance qui s’effrite au gré des coups reçus fait son apparition, qui une fois vide, permet d’infliger de gros dégâts (autant pour le joueur que pour les Genma, boss y compris), et au cœur des combats on retrouve plusieurs techniques défensives qu’il vous faudra utiliser pour venir à bout des ennemis les plus récalcitrants. Et là où Onimusha fait fort, c’est justement dans cette palette actions amenées tout doucement au fil du récit, donnant le temps au joueur de les apprivoiser comme il se doit. Les plus habiles useront et abuseront du contre, appelé « Issen », qui infligera des gros dégâts et entamera aussi la barre d’endurance du malheureux en face de vous… Mais ça, c’est uniquement si vous réussissez à le placer, sinon la seule chose qui vous attend sera des points de vie en moins.
Pas d’inquiétude, les plus gauches d’entre nous auront encore quelques cartes à jouer : la garde qui en échange d’une portion de votre barre d’endurance vous permet de bloquer une attaque, et potentiellement profiter d’une ouverture de votre assaillant pour répliquer, l’esquive, particulièrement efficace contre les attaques à mains nues, qui vous mettra en position idéale pour une contre-attaque si vous l’exécutez parfaitement, et la parade, un compromis qui permet de faire baisser l’endurance de l’ennemi. Le tout enrobé dans un paquet d’effets visuels et sonores du plus bel effet, extrêmement soignés, et qui procurent un plaisir indéniable lorsque l’une de ces actions se concrétise.
Côté attaque, on retrouve les habituelles attaques légères et rapide, et les attaque lourdes, plus lente mais qui infligent plus de dégâts, ainsi qu’un arsenal d’armes Oni aux effets variés, activables uniquement si la barre correspondante est suffisamment chargée d’âmes bleues. Un arc sera aussi disponible afin d’atteindre les cibles les plus éloignées.
S’il y a bien un point à ne pas rater dans ce type de jeu, ce sont les combats de boss. Eh bien c’est un sans-faute pour Onimusha sur ce point, les affrontements sont nerveux et mettent en pratique toutes les capacités de notre héros dans des combats épiques. Le but ici sera d’infliger le plus de dégâts possibles grâce aux différentes options défensives proposées, en utilisant celle qui se prête le mieux à la situation, et de profiter des attaques dévastatrices offertes lorsque l’endurance du boss tombe à plat. Mais attention, si c’est la vôtre qui se vide, vous perdrez des âmes qui pourront être absorbées par votre ennemi, le rendant plus fort. Tout en étant exigent, le jeu n’est pas punitif comme un Sekiro, la difficulté est bien dosée et grâce aux différents objets ramassés çà et là et aux amulettes équipables, vous pourrez profiter de quelques buffs pour faciliter vos combats, en plus des objets de soin qui vous sauveront la vie en cas d’erreur.
Pour essayer de varier les plaisirs, on nous propose aussi un peu d’exploration hors des zones de « missions » si je puis dire, sous la forme d’un Kyoto envahi par une brume rouge toxique, que vous devrez purifier petit à petit entre chaque escapade. On y trouve notamment plusieurs coffres qui contiendront des objets nécessaires à l’amélioration de l’équipement, matériaux qui pourront aussi être obtenus dans les autres zones, ainsi que par l’intermédiaire de quêtes annexes. Et c’est à mon avis le point faible de cet opus, contrairement aux épisodes précédents qui étaient très linéaires, on essaie de jouer la carte du semi open world, qui m’a seulement donné l’impression de casser le rythme de la progression sans vraiment amener quelque chose de nécessaire. Je tiens quand même à saluer le level design qui malgré la taille de la carte arrive à recréer cette impression de grandeur grâce à un côté labyrinthe bien maitrisé.
Malgré les points cités plus haut, c’est avec un très grand plaisir que j’ai passé un peu plus de 25 heures sur ce jeu qui a su me tenir en haleine du début à la fin, en terminant même par quelques rebondissements qui ne m’ont pas laissé de marbre ! Probablement l’un de mes coups de cœur de cette année, qui même s’il ne brille pas par son originalité, nous prouve qu’un gameplay maitrisé et une ambiance aux petits oignons qui répondent aux attentes peut donner quelque chose de très satisfaisant.