Déjà disponible depuis février 2026 sur Nintendo Switch 2, Gear.Club Unlimited 3 a débarqué sur PS5, Xbox et PC le 8 octobre. Développé par Eden Games et édité par Nacon, ce nouvel épisode entend nous faire voyager entre la France et le Japon, au volant d’une quarantaine de bolides. Pour ce test, c’est la version PS5 qui est passée entre mes mains. Et si les sensations de conduite sont plutôt convaincantes, le reste du voyage manque cruellement de relief.
Je dois vous l’avouer : je ne connais absolument pas les précédents Gear.Club Unlimited. La licence semble toutefois puiser ses origines dans les jeux de course sur mobile, et cela se ressent dans la structure de ce troisième épisode. Les épreuves sont courtes, s’enchaînent rapidement et permettent de multiplier les petites sessions de jeu sans avoir besoin d’y consacrer des heures. Une philosophie qui s'adapte bien sur l'environnement Switch mais nettement moins sur PS5.
Une approche qui prend tout son sens sur Nintendo Switch 2, plateforme sur laquelle le titre est sorti en premier. Que l’on choisisse de progresser dans le mode histoire ou de lancer quelques courses en partie libre, Gear.Club Unlimited 3 se prête parfaitement aux courtes sessions. Un avantage indéniable pour celles et ceux qui aiment sortir leur console quelques minutes entre deux activités.
Mais qu’en est-il sur des machines plus puissantes ? Sur PS5, le constat est assez simple : le jeu se montre un peu plus beau et un peu plus fluide, sans pour autant bouleverser l’expérience. Le contenu reste globalement similaire, même si cette version bénéficie notamment du mode Highway, absent de la mouture Nintendo Switch 2. On retrouve donc l’essentiel des qualités et des défauts de la formule originale, sans véritable révolution.
Le mode histoire nous emmène sur les routes de France et du Japon avec un objectif : développer notre propre Gear.Club au pays du Soleil-Levant. Pour y parvenir, nous pouvons compter sur le soutien du club français, installé dans le sud de l’Hexagone, qui nous aidera à nouer des contacts et à développer nos activités japonaises.
Au programme : construction et personnalisation de notre atelier, achat d’une quarantaine de voitures, amélioration de leurs performances et, bien entendu, enchaînement de courses pour faire progresser notre petite entreprise. Sur le papier, la proposition a de quoi séduire. Il y a quelque chose d’assez satisfaisant à voir son garage s’étoffer, à bichonner ses véhicules et à améliorer progressivement ses installations.
Le problème, c’est que le scénario se révèle aussi prévisible que peu inspiré. Les personnages manquent de relief, les rebondissements se font rares et l’histoire peine à susciter le moindre intérêt. On avance avant tout pour débloquer de nouvelles épreuves et obtenir de nouvelles voitures, sans jamais ressentir une véritable envie de découvrir la suite des événements.
Plus largement, Gear.Club Unlimited 3 manque d’une identité forte. Pourtant, les environnements français et japonais offrent des paysages contrastés qui auraient pu donner lieu à une aventure dépaysante. Mais entre des décors relativement statiques et des pistes qui finissent par se ressembler, l’ensemble peine à marquer les esprits.
Difficile de ne pas penser à des licences comme Burnout, capables de proposer une véritable personnalité, une ambiance immédiatement reconnaissable et des courses qui restent en mémoire. Ici, tout semble plus sage, plus générique. Le jeu fait le travail, mais il lui manque cette petite étincelle qui transforme un simple titre de course en une expérience que l’on a envie de retrouver.
En dehors du mode histoire, une partie libre permet de retrouver différentes épreuves. Malheureusement, elle ne parvient pas toujours à renouveler suffisamment l’expérience. Les modes proposés reprennent essentiellement les types de courses déjà rencontrés au fil de la progression principale. De quoi prolonger un peu la durée de vie, certes, mais sans révolutionner la formule.
Il y a toutefois quelques idées qui méritent que l’on s’y attarde. Le mode Highway, notamment, est une nouveauté appréciable sur PS5 puisqu’il était absent de la version Nintendo Switch 2. Le principe consiste à dépasser un maximum de voitures sur une route quasiment en ligne droite, en se faufilant dans la circulation pour éviter les collisions. C’est simple, immédiat et plutôt sympathique lors des premières parties. Malheureusement, la répétitivité finit par se faire sentir et l’on a rapidement l’impression d’avoir fait le tour de cette proposition.
Personnellement, ce sont plutôt les modes Versus qui ont retenu mon attention. Le principe consiste à affronter un adversaire dans une course où la position de chacun joue directement sur les dégâts infligés. Lorsque l’on se trouve devant son concurrent, on lui fait perdre de la vie au fil du temps. Et plus on creuse l’écart, plus les dégâts deviennent importants. Il ne suffit donc pas seulement de franchir la ligne d’arrivée en premier : il faut aussi parvenir à distancer suffisamment son rival pour prendre l’avantage.
Ce mélange entre course automobile et affrontement façon versus est particulièrement amusant. Il apporte une dimension stratégique bienvenue, puisqu’il faut non seulement piloter efficacement, mais aussi chercher à maintenir son adversaire à distance. C’est une manière assez rigolote de détourner les codes habituels du jeu de course, et l’on aurait aimé que Gear.Club Unlimited 3 pousse davantage ce genre d’idées pour se démarquer de la concurrence.
Autre absence regrettable : aucun mode en ligne n’est au programme. Il faudra donc se contenter de jouer en solo ou de partager quelques courses en local, jusqu’à deux joueurs simultanément. Une proposition qui paraît particulièrement limitée à l’heure où les jeux de course multiplient les possibilités de compétition et de partage.
Bien entendu, tous les jeux n’ont pas besoin de proposer un monde ouvert gigantesque, des centaines de véhicules ou une multitude de fonctionnalités en ligne. Un titre à l’ambition plus modeste peut parfaitement tirer son épingle du jeu grâce à une formule efficace et à un prix adapté.
C’est précisément là que le bât blesse avec Gear.Club Unlimited 3. Affiché à 50.-, le jeu demande un investissement difficile à justifier au regard de son contenu et de ses ambitions. À ce tarif, on est en droit d’attendre davantage de personnalité, de variété et de possibilités.
Je pense notamment à Fast Fusion sur Nintendo Switch 2, qui propose une expérience certes très différente, mais dont le positionnement tarifaire paraît davantage en adéquation avec ce qu’il offre. À l’inverse, Gear.Club Unlimited 3 donne l’impression de vouloir jouer dans une catégorie supérieure à celle que ses moyens lui permettent réellement d’atteindre.
Et la comparaison avec les grandes références du genre n’arrange rien. Alors que les productions les plus ambitieuses repoussent les limites du contenu et de la mise en scène, notre petit club automobile peine à sortir de sa zone de confort. Même sur le plan technique, le résultat est loin d’impressionner. Sans être catastrophique, le jeu affiche une réalisation assez quelconque, avec des environnements peu vivants et une direction artistique qui manque de caractère.
Tout n’est heureusement pas à jeter. Car derrière ses nombreuses limites, Gear.Club Unlimited 3 possède une qualité essentielle pour un jeu de course : les sensations au volant sont loin d’être mauvaises.
La conduite se montre agréable et la vitesse procure suffisamment de plaisir pour que l’on ait envie de relancer une course. Le jeu n’est peut-être pas le plus spectaculaire de sa catégorie, mais il parvient à rendre ses épreuves suffisamment plaisantes pour que l’on se prenne au jeu.
On finit même par s’attacher à notre garage, à améliorer nos voitures et à développer notre atelier, malgré un mode histoire qui peine à nous captiver. Cette boucle de progression fonctionne plutôt bien : on enchaîne les courses, on récupère de quoi investir dans nos véhicules et l’on repart sur la piste avec une machine un peu plus performante.
C’est finalement ce qui rend le résultat aussi frustrant. Eden Games dispose d’une base relativement solide, avec une conduite agréable, quelques idées amusantes comme les modes Versus et une structure parfaitement adaptée aux sessions courtes. Il aurait suffi d’un peu plus d’ambition dans la réalisation, d’une meilleure identité visuelle et de modes de jeu plus étoffés pour obtenir une proposition nettement plus convaincante.
Gear.Club Unlimited 3 n’est pas un mauvais jeu de course : il est agréable à prendre en main, idéal pour les sessions rapides, et ses sensations de conduite assurent l’essentiel. Mais le manque de personnalité, le scénario anecdotique et l’absence de multijoueur en ligne pèsent lourd, et la version PS5 ne corrige aucun de ces défauts.
Mon conseil : attendez une baisse de prix, à moins d’être un inconditionnel de la licence. Aux alentours de 20.-, il pourrait devenir une petite expérience de course recommandable, mais à ce prix-là, la concurrence propose des alternatives plus généreuses.