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Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen

L’aventure prend-elle son envol sur Switch 2 ?

Le premier Dragon’s Dogma, puis sa version Dark Arisen, ont su trouver leur public, même si la licence reste aujourd’hui relativement confidentielle. Je dois toutefois vous avouer que je ne faisais pas partie de cette communauté. Malgré mon passage sur Dark Arisen, je trouvais le jeu trop terne, trop difficile et trop rigide. Autant dire que je n’étais pas forcément le candidat idéal pour apprécier la formule de Capcom.

Puis, en 2024, Dragon’s Dogma 2 est venu tenter d’élargir cette niche. Avec son action-RPG atypique, ses combats spectaculaires et son monde ouvert propice à l’exploration, le titre a réussi à séduire de nouveaux joueurs. Mais il a aussi divisé, car il n’a jamais vraiment cherché à plaire à tout le monde. C’est justement cette singularité qui fait son intérêt, même si elle s’accompagne de quelques défauts.



Sorti le 9 octobre 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2, Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen entend prolonger l’aventure avec de nouveaux contenus et plusieurs améliorations. L’objectif de ce test n’est donc pas de revenir sur l’intégralité du jeu de base, mais d’examiner les nouveautés de cette édition, les ajustements apportés par Capcom et, surtout, les performances de cette version Switch 2.

Une adaptation Switch 2 qui fait des concessions, mais convainc

Commençons par le point qui intéressera particulièrement les possesseurs de la console de Nintendo : les performances. Face aux versions PC les plus puissantes ou à celle tournant sur PS5 Pro, la différence saute évidemment aux yeux. Les comparatifs côte à côte mettent en évidence des textures moins détaillées, une qualité d’image inférieure et un éclairage moins impressionnant. La version Switch 2 doit logiquement faire des concessions pour faire tourner un jeu aussi ambitieux. Beaucoup de concessions, notamment au niveaux des environnements.

Pourtant, le résultat reste tout à fait honorable. Le jeu demeure agréable à regarder et se montre plutôt fluide, d’autant que plusieurs options permettent d’adapter l’expérience à ses préférences. On peut notamment privilégier une fréquence d’images plafonnée à 30 FPS ou opter pour une fréquence plus variable, tout en profitant de la technologie FSR 3 pour améliorer le rendu.



Il faut reconnaître que Capcom maîtrise son moteur RE Engine. Le studio est parvenu à adapter son action-RPG sur une machine bien moins puissante que ses concurrentes de salon, sans sacrifier l’essentiel de l’expérience. Certes, le résultat n’est pas irréprochable. Le clipping, le popping et l’apparition tardive de certaines textures sont régulièrement visibles. Ces défauts peuvent casser l’immersion.

Malgré ces imperfections, cette adaptation reste une réussite, voire une petite démonstration technique compte tenu des contraintes. C’est surtout en mode portable que le jeu révèle son principal atout. Pouvoir emmener une aventure aussi vaste partout avec soi, sans perdre ce qui fait son intérêt, constitue un avantage considérable. Les combats, l’exploration et les déplacements restent au cœur de l’expérience.

En revanche, ne comptez pas sur des fonctionnalités spécifiquement pensées pour la console de Nintendo. Le tactile, les commandes à la souris et les contrôles par mouvement ne sont pas exploités. C’est dommage, car une simple possibilité de consulter la carte sur l’écran tactile aurait constitué un ajout pratique. Rien de rédhibitoire, certes, mais une occasion manquée de tirer davantage parti du matériel.



Si votre priorité est de profiter de Dragon’s Dogma 2 partout, cette version Switch 2 mérite clairement votre attention. En revanche, si vous recherchez avant tout la meilleure qualité graphique, les effets visuels les plus poussés et les performances les plus élevées, mieux vaut vous tourner vers un PC puissant ou une console de salon.

Norgan, une région enneigée qui renouvelle l’exploration

Passons maintenant au contenu de cette nouvelle édition. La principale nouveauté de Dark Arisen est Norgan, une région septentrionale recouverte de neige et de glace. Avec ses blizzards, ses terrains accidentés et ses dangers environnementaux, ce territoire apporte une ambiance différente à l’exploration. Il ne s’agit plus simplement de parcourir des paysages familiers : les conditions rencontrées sur place imposent davantage de prudence et une meilleure préparation. Autant vous dire qu'il ne faut pas y aller trop vite, au risque de vous faire littéralement éclater par les premiers ennemis venus. Je vous invite donc à vous y rendre dans les alentours du niveau 40.



Les ennemis y sont donc bien plus redoutables. Il faut donc veiller à disposer d’un équipement adapté et réfléchir davantage à son approche des combats. La progression repose autant sur le niveau du personnage que sur le matériel récupéré au fil de l’aventure. Cette orientation renforce la dimension RPG du titre et encourage à fouiller les environs pour mettre la main sur de meilleures récompenses. L'exploration a toujours été importante dans la licence, ici elle se révèle essentielle.

Sur le papier, Norgan constitue une bonne manière de renouveler l’expérience sans bouleverser la formule originale. Le contraste entre les paysages glacés et les régions déjà parcourues apporte un changement d’atmosphère bienvenu. Les conditions climatiques et les dangers du terrain peuvent également enrichir les déplacements, à condition que la région ne se contente pas d’augmenter artificiellement la difficulté en multipliant les adversaires résistants.

C’est là que se jouera réellement l’intérêt de cette nouveauté. Une région enneigée ne suffit pas, à elle seule, à renouveler une aventure de plusieurs dizaines d’heures. Il faut que l’exploration réserve suffisamment de surprises, que les situations varient et que les environnements possèdent une véritable identité. Norgan a donc le potentiel nécessaire pour donner un second souffle au jeu, mais son intérêt repose avant tout sur la diversité de ce qu’elle propose.


La chasse aux reliques

Hors des remparts de la colonie, les habitants de Norgan sont tous mortellement dangereux, mais ils détiennent souvent de puissantes reliques, qu'il vous faudra identifier. Le combat n’est pas la seule voie : l’exploration des villages abandonnés et des grottes récompense les Insurgés curieux, et Freki, le loup géant, peut aussi les aider à dénicher du butin, moyennant finance. Et c'est toujours la classe d'avoir un loup à ses côtés.

Les reliques ne révèlent leur vrai potentiel qu’une fois évaluées par Jiera, la matrone de la colonie. Les armes et armures obtenues offrent de meilleures statistiques selon la rareté de la relique d’origine, et peuvent conférer ou perfectionner des capacités.


Les douze Rites oubliés : une bonne raison de repartir à l’aventure

Autre ajout majeur : les douze donjons baptisés Rites oubliés. Répartis dans différentes régions du jeu de base, ils invitent les joueurs à retourner dans des lieux déjà explorés afin de relever de nouveaux défis et de récupérer des équipements rares. Ces donjons prolongent ainsi l’aventure sans nécessiter une campagne entièrement indépendante.

Cette approche paraît particulièrement pertinente pour celles et ceux qui ont déjà terminé l’histoire principale. Plutôt que de se contenter d’ajouter quelques quêtes secondaires, Capcom propose des objectifs supplémentaires susceptibles de renouveler les affrontements et de donner un intérêt concret à la progression. Les récompenses obtenues permettent également d’améliorer son équipement et de poursuivre sa montée en puissance.

Reste néanmoins une réserve : le nombre ne fait pas tout. Si les donjons se résument à enchaîner les mêmes affrontements dans des environnements similaires, la lassitude risque de s’installer, d'autant que leur level design n'est pas irréprochable.

Des améliorations qui rendent le jeu plus agréable

Le contenu supplémentaire ne constitue pas le seul intérêt de cette édition. Capcom accompagne également cette sortie de modifications destinées à améliorer le jeu de base. Et certaines d’entre elles pourraient bien avoir autant d’importance que la nouvelle région et les donjons.



C’est notamment le cas de la commande « Explorer » destinée aux Pions. Ces compagnons contrôlés par l’intelligence artificielle représentent l’une des grandes particularités de la série. Ils peuvent apporter une aide précieuse en combat et participent à l’identité de l’aventure. Pourtant, leur comportement n’a pas toujours été irréprochable, avec des réactions parfois frustrantes ou un manque d’initiative dans certaines situations.

Cette nouvelle commande leur permet notamment de se consacrer davantage à l’exploration et à la récolte de matériaux. L’idée est simple, mais bienvenue : plutôt que de devoir constamment gérer les déplacements et les actions de ses compagnons, le joueur peut davantage compter sur leur autonomie. Les Pions donnent ainsi un peu plus l’impression d’être de véritables partenaires d’aventure. Et surtout, vous gagnez passablement de temps sur l'ensemble de votre épopée.

D’autres améliorations viennent compléter ce travail. La Transpierre éternelle, réutilisable, facilite les déplacements rapides et réduit certaines contraintes liées aux longues distances. Là, vous allez gagner encore plus de temps.

Le nombre de compétences d’arme équipables passe également de quatre à six, ce qui permet de diversifier ses approches du combat et d’adapter plus facilement son personnage aux différentes situations.

La gestion des sauvegardes bénéficie aussi de davantage de souplesse, avec trois emplacements destinés à trois personnages distincts. À cela s’ajoutent des ajustements de l’interface, notamment pour filtrer les équipements et consulter plus facilement les matériaux nécessaires à leur amélioration. Enfin, la gestion de la peste draconique évolue, tandis que diverses optimisations visent à améliorer les performances et le confort de jeu.



Pris séparément, ces changements ne révolutionnent pas Dragon’s Dogma 2 en profondeur. Et pourtant, même les anciens vous diront que ces changements ne sont pas pour autant anecdotiques. Ensemble, ils témoignent d’une volonté de corriger certaines lourdeurs qui pouvaient freiner l’expérience initiale. La commande « Explorer » est particulièrement intéressante, car elle touche directement à l’un des systèmes les plus distinctifs de la licence. Quant aux déplacements simplifiés et aux compétences supplémentaires, ils permettent de profiter plus facilement des qualités du jeu sans en modifier profondément les fondements. Bien que certains puristes vous diront que ces changements facilitent beaucoup trop la vie.

Une version plus complète et plus accessible

Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen ne se contente pas d’ajouter une région enneigée et douze donjons. Avec Norgan, les Rites oubliés et la recherche de nouvelles reliques, cette édition cherche à prolonger l’aventure tout en renouvelant la progression. Les améliorations apportées au jeu de base renforcent également l’intérêt de cette sortie, notamment grâce à une meilleure gestion des Pions, à des déplacements plus pratiques et à davantage de possibilités en combat.

Sur Nintendo Switch 2, le résultat est tout aussi intéressant. Les concessions graphiques sont évidentes, et les problèmes de clipping, de popping et de chargement des textures ternissent parfois le tableau. Mais l’adaptation reste convaincante, surtout en mode portable, où la possibilité d’emporter une aventure aussi vaste partout avec soi fait toute la différence.

Les anciens ont ainsi une excellente raison de revenir, quant aux nouveaux, c'est sans conteste la meilleure version pour se lancer.

Chronique rédigée par SoosKratoS
Publié le

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