Connexion

Everybody's Golf Hot Shots

Le roi des greens est-il de retour?

Il y a des licences qui marquent une époque, et Everybody's Golf en fait indéniablement partie. Après huit longues années d'absence depuis l'épisode PlayStation 4, la série culte fait son grand retour sous la houlette du studio Hyde et de Bandai Namco. Et quelle surprise : pour la première fois de son histoire, cette franchise historiquement exclusive à Sony débarque sur Nintendo Switch, et par extension sur la toute nouvelle Switch 2. Une petite révolution qui soulève forcément LA question : ce changement de développeur et d'éditeur a-t-il préservé l'âme de la série ?


Disons-le d'emblée : Hyde a parfaitement saisi l'essence de ce qui fait le charme d'Everybody's Golf. Le classique système de tir à trois boutons - viser, définir la puissance, ajuster la précision - reste au cœur de l’expérience de jeu. Cette mécanique, simple en apparence mais redoutablement technique à maîtriser, procure toujours cette satisfaction viscérale à chaque coup parfaitement exécuté. Le son caractéristique de l'impact parfait, la petite phrase lâchée par notre golfeur (souvent un peu trop bavard d’ailleurs), cette petite mélodie qui accompagne un eagle ou un birdie : tout y est. Une transition qui s'accompagne d'ailleurs d'un casting record avec plus de 25 personnages jouables, incluant une surprise de taille : PAC-MAN lui-même vient fouler les greens virtuels. Un clin d'œil sympathique, qui signe la volonté de Bandai Namco d'apposer sa griffe sur la licence.

Wacky Golf, le chaos sur le parcours

La grande nouveauté de cet opus est le mode “Wacky Golf”. Cette variante complètement déjantée transforme le golf traditionnel en terrain de jeu chaotique, avec des obstacles loufoques, des règles modifiées et des défis imprévisibles. Les modes Colorful Golf, Scramble, Survival Golf ou encore Boom Golf ajoutent une dimension party-game bienvenue Ce mode fonctionne particulièrement bien en multijoueur local (jusqu'à 4 joueurs sur une seule manette, comme au bon vieux temps) et constitue un excellent moyen de faire découvrir la série aux néophytes. L'esprit bon enfant d'Everybody's Golf s’illustre ici à merveille, loin du sérieux d’une simulation comme PGA Tour 2K25.


La Tournée mondiale nous emmène à travers 10 régions différentes, chacune avec ses spécificités visuelles et ses défis uniques. Les cycles jour-nuit et les effets météorologiques dynamiques (pluie, neige, vent) influencent réellement le gameplay, obligeant à adapter sa stratégie en permanence. Si Everybody’s Golf n’est pas une véritable simulation, il n’en dispose pas moins d’un gameplay très solide en termes purement golfiques. Ainsi, les pentes de green, le “lie” de la balle (le terrain sur lequel elle repose et son inclinaison) ou encore la pluie et le vent ont une véritable incidence sur nos coups. Visuellement, le jeu reste fidèle à l'esthétique cartoon de la série, avec des personnages expressifs et des environnements colorés. Sans révolutionner le genre sur le plan graphique, il parvient à maintenir cette ambiance joyeuse et décontractée qui fait son identité depuis des décennies.

Et tu grind, grind, grind...

Malgré ses nombreuses qualités, Hot Shots n'échappe pas à certains écueils. Le système de progression peut s'avérer particulièrement chronophage, avec un grinding poussé à l’extrême pour débloquer le contenu (personnage, caddies, et équipement). On préfère évidemment cette solution à celle des micro-transactions, mais une progression un poil plus rapide aurait été souhaitable. Le mode Histoire se montre vraiment trop plan-plan, avec des scénarios qui manquent cruellement d'inspiration, des dialogues répétitifs et pas intéressant, et une mise en scène aux abonnés absents. Fort heureusement, tout est “skippable” pour se lancer immédiatement dans la partie de golf.


L’autre gros point noir concerne le multijoueur en ligne. L’absence de crossplay, les lobbys anti ergonomiques et le lag nous font retourner tout droit au début des années 2010. Je n’ai personnellement jamais réussi à rejoindre une partie, il fallait à chaque fois que je crée mon propre salon pour espérer pouvoir jouer avec d’autres joueurs. Par ailleurs, il y a un gros déséquilibre entre les joueurs utilisant des personnages débloqués tardivement disposant d'avantages statistiques considérables, et les autres, ce qui rend les parties frustrantes pour les débutants. Il aurait été souhaitable de proposer un mode standard où chacun joue avec les personnages et équipements de base. En l’état, avant de se lancer en ligne, il va falloir grinder sévère.

Un rendu aux allures de jeu mobile, mais propre

Techniquement, sur Nintendo Switch 2, le résultat est plutôt probant, sans nous faire sauter au plafond : le jeu atteint tient ses 60 FPS la plupart du temps, ce qui s'avère important pour le timing du swing. Quelques chutes ponctuelles surviennent cependant lors de certains effets météorologiques ou d'animations spécifiques des personnages. Le rendu global fait tout de même penser à un jeu smartphone, par le côté très sommaire et sans personnalité de l'interface, et des textures.

VERDICT 7/10

Everybody's Golf Hot Shots représente un retour encourageant pour la série. La transition vers de nouveaux développeurs et éditeurs s'est globalement bien passée, préservant ce qui a toujours fait le charme de la franchise : du fun, avec un gameplay néanmoins assez pointu. Le multijoueur en ligne un peu cassé, le grinding trop présent et l'aspect un peu trop "jeu mobile" de l'ensemble l'empêche toutefois d'aller égaler les meilleures épisodes de la série.

Critique rédigée par Ataru
Publié le

(Ouvrir dans un nouvel onglet)