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My Hero Academia All's Justice

Au rattrapage

Cela fait maintenant quelques jours que la "Guerre Finale" a débarqué sur nos consoles / PC. Avec My Hero Academia: All's Justice, Bandai Namco et le studio Byking nous promettaient l'adaptation ultime de l'arc final du manga. Après deux épisodes "One's Justice" sympathiques mais imparfaits, ce nouvel opus a la lourde tâche de conclure la saga en beauté. Diplôme de super-héros ou heures de colle? On a enfilé notre costume pour vérifier ça.


Si vous avez suivi le manga ou l'anime jusqu'au bout, vous savez que l'arc final est une montagne russe émotionnelle. Le mode Histoire de All's Justice tente de capturer cette intensité. On y retrouve les moments clés : le combat acharné de Bakugo, le duel dantesque entre Deku et Shigaraki, et bien sûr la confrontation All For One. La mise en scène est clairement un cran au-dessus des précédents volets. C'est "cinématographique", ça explose de partout, et pour le fan, c'est un vrai plaisir de revivre ces scènes avec le moteur du jeu. Cependant, on reste sur du classique : cinématique -> combat -> cinématique. C'est efficace, mais un peu court pour un jeu vendu à prix fort. On regrette aussi l’omniprésence de diapo figées.

Un gameplay jouissif, mais répétitif

Côté baston, on ne change pas une équipe qui gagne (ou qui spamme). On reste sur du combat d'arène en 3D avec déplacement libre. La grosse nouveauté, c'est l'emphase sur le 3 contre 3 et les combos d'équipe. Le système est ultra-dynamique, dans la droite lignée des deux One's Justice. Le coeur du jeu repsoe toujours sur le triangle sacré : les coups normaux battent les chopes, qui battent la garde, qui elle-même bat les coups. Simple, basique. Mais All's Justice ajoute quelques subtilités bienvenues, qui rendent les combats plus stratégiques. Parmi elles, le "Sidekick Switch" est sans doute la plus marquante. Fini les simples assistances où nos alliés popent juste pour une attaque et repartent. Maintenant, on peut changer de personnage en plein combo (moyennant une barre de jauge). C'est fluide, ça permet des juggles (jongler avec l'adversaire) interminables, et ça demande un vrai timing.


Pour contrer les agressions permanentes, les développeurs ont ajouté un système de garde parfaite. En bloquant pile au moment de l'impact, on repousse l'adversaire et on ouvre une fenêtre de contre-attaque gratuite. C'est risqué, mais ça change tout contre les bourrins. Par contre, la gestion de l'endurance est toujours aussi punitive : trop courir sur les murs, ou dasher sans réfléchir épuise très vite la jauge. Soyons honnêtes : le jeu souffre encore du syndrome "tourelle". Certains personnages comme Dabi ou Endeavor sont insupportables en ligne, avec leur spam de boules de feu depuis l'autre bout de l'arène. Même si le dash latéral permet d'esquiver, la caméra a parfois du mal à suivre quand il y a trop d'effets à l'écran, et on finit par se prendre un projectile qu'on n'avait pas vu venir. Rageant. Les Alters (super-pouvoirs) fusent dans tous les sens. Déclencher un "Plus Ultra" combiné avec ses deux alliés offre un sentiment de puissance assez grisant, même si très automatisé. Mais... car il y a un mais. L'équilibrage est, pour l'instant, complètement aux fraises. Certains personnages de la classe 1-A (qu'on adore pourtant) ne font pas le poids face aux formes "Éveil" des vilains comme Dabi ou Shigaraki. C'est peut-être "logique" par rapport au manga, mais dans un jeu de combat, c'est frustrant. De plus, la caméra a toujours autant de mal à suivre l'action quand on est coincé contre un mur ou dans un coin de l'arène, surtout avec les nouveaux environnements destructibles. C'est spectaculaire, mais ça nuit parfois à la lisibilité.

Un mode Mission décevant

Le casting est massif. On a droit à presque tout le monde : Les élèves de Yuei (toute la seconde A); les Pro Heroes (Mirko est enfin jouable et elle est redoutable !) et bien sûr les grands méchants dans leurs versions finales. Le fan-service est total. Chaque personnage a ses petites animations de victoire, ses costumes alternatifs (beaucoup sont en DLC, dommage...), et ses répliques cultes. C'est un véritable musée à la gloire de l'œuvre d'Horikoshi.


Une fois qu'on a sauvé le monde (ou tenté de le détruire), All's Justice propose de quoi prolonger l'expérience, même si on sent un peu le remplissage par moments. Le Mode Mission : "Gérer son Agence" est le gros morceau solo après le mode Histoire. Ici, on ne suit plus le scénario, mais on gére notre propre agence de héros. Le principe est simple : recruter des personnages, les faire monter en niveau et enchaîner des missions de survie ou des conditions de victoire spécifiques (ex: gagner sans utiliser de Plus Ultra). C'est sympa les deux premières heures pour débloquer des costumes, mais ça devient vite répétitif. On est clairement là pour le farming de la monnaie du jeu, rien de plus. On aurait aimé un aspect gestion bien plus poussé, et davantage d'options de personnalisation. La vraie guerre est sur le online. C'est là que le jeu va vivre ou mourir. Bonne nouvelle : le netcode semble plus stable que sur One's Justice 2. On a enchaîné les matchs classés sans trop de lag, même contre des joueurs à l'autre bout du monde. Attention, en mode classé, le matchmaking est parfois brutal (tomber contre un top 100 quand on débute, ça pique). Heureusement, les salons personnalisés sont parfaits pour jouer entre potes avec nos propres règles. Le traditionnel mode arcade est de la partie, ultra-classique : une suite de combats contre l'IA qui devient de plus en plus tricheuse. Rien de neuf sous le soleil. Par contre, petite mention spéciale au Mode Photo très complet. Avec la qualité des modèles 3D, on peut créer des scènes vraiment classes (ou totalement ridicules) et les partager. C'est du gadget, mais pour les fans qui veulent le fond d'écran parfait, c'est un vrai plus.

Graphiquement, le jeu fait le job sans pour autant être une claque "next-gen". Les effets de particules des Alters sont superbes en 4K et le cel-shading est très propre, respectant parfaitement le trait de l'animé. Le jeu tourne de manière fluide (60 fps constants), minimum syndical pour ce type de jeu. Par contre, les décors, bien que destructibles, restent parfois un peu vides.

Points forts

  • Le roster immense
  • Un mode Histoire respectueux de l'animé
  • Des attaques "Plus Ultra" spectaculaires
  • Une fidélité visuelle

Points faibles

  • La caméra, toujours capricieuse
  • Un équilibrage aux fraises
  • Des arènes destructibles qui n'apportent pas grand chose au gameplay
  • Le mode Mission trop limité et répétitif


VERDICT 7/10

My Hero Academia: All's Justice est un bon défouloir. Il ne révolutionne pas le genre du brawler 3D et traîne encore les casseroles de ses prédécesseurs (caméra folle, lisibilité brouillonne). Pourtant, la générosité de son roster et l'intensité de son mode histoire en font un titre accrocheur pour quiconque a aimé le manga. C'est le "baroud d'honneur" qu'on attendait, imparfait mais "qui fait le taff".

Dernière modification le 16/02/2026 à 18:29.

Critique rédigée par Ataru
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