Après avoir réussi à faire tourner Skyrim sur absolument tout ce qui possède un écran (y compris le frigo connecté de votre grand-mère), Bethesda s'attaque à la nouvelle console de Nintendo en y portant Fallout 4. Neuf ans après, les Terres Désolées du Commonwealth s'invitent enfin dans nos poches grâce à la puissance revue à la hausse de la Switch 2. Sortez vos Pip-Boy, on analyse tout ça.
Forcément, le bond technologique de la Switch 2 fait des merveilles pour ce portage. Fini le "flou artistique" (comprenez : la bouillie de pixels) typique des portages trop ambitieux sur la première Switch. On profite ici d'un 1080p très propre en mode docké, avec un framerate qui s'accroche courageusement aux 60 ou 30 images par seconde, au choix. Gros bémol par contre pour le mode portable, où le flou est malheureusement bien présent. Bien sûr, l'ADN Bethesda est respecté à la lettre : attendez-vous toujours à croiser une Brahmine bloquée sur un toit ou un PNJ qui fusionne avec une chaise. Mais au moins, le bug s'affiche en haute définition ! Autre excellente nouvelle : l'optimisation est au rendez-vous. La console ventile un peu lors des phases chargées en ennemis, mais elle ne chauffe pas au point de nous cuire les mains comme un steak d'Écorcheur. La consommation de batterie reste raisonnable également.
Côté prise en main, les nouveaux sticks analogiques de la Switch 2 offrent une précision bienvenue lors des fusillades. Malheureusement, la construction de base – mécanique centrale de cet opus – reste une souffrance. Aligner parfaitement un mur en tôle avec un stick demande un doigté de chirurgien, et on se surprend souvent à abandonner son rêve de forteresse pour construire une simple cabane carrée, lassé de devoir refaire une suite de 5 boutons pour simplement poser une chaise. L'utilisation des joy-cons en mode souris aurait pu palier à ce problème, mais la fonction n'est malheureusement pas supportée pour le moment.
Heureusement, en combat, le système SVAV (V.A.T.S.), qui permet de ralentir le temps pour cibler les membres des ennemis, compense largement les éventuelles imprécisions en mode portable. L'interface du Pip-Boy a également été subtilement redimensionnée pour rester lisible sur le petit écran, un détail crucial qui évite de s'abîmer les yeux en cherchant ses capsules. Historiquement, passer une porte dans Fallout 4 sur les consoles d'ancienne génération vous laissait le temps d'aller vous faire couler un café. Grâce à la vitesse des cartouches et au stockage interne de la Switch 2, les temps de chargement sont drastiquement réduits. Ce n'est pas encore de la téléportation instantanée digne des PC haut de gamme, mais c'est infiniment plus supportable pour un jeu qui demande de multiplier les allers-retours et les voyages rapides. De plus, cette édition inclut généreusement tous les DLC (dont les excellents Far Harbor et Nuka-World), garantissant des centaines d'heures de jeu pour ceux qui aiment fouiller chaque poubelle radioactive.
Fallout 4 sur Switch 2 n'est pas la plus belle version du jeu, ni la plus moddable, mais c'est incontestablement la meilleure version portable à ce jour. Le portage est solide, fluide et complet. Il s'adresse avant tout aux nouveaux venus qui ont découvert la licence avec la série télévisée, ou aux fans inconditionnels qui ressentent le besoin viscéral de nettoyer des camps de Super Mutants pendant leurs trajets en RER. Un vrai bon point pour la console hybride.