Oubliez les jungles de Nahantu et les marécages de Hawezar. Avec Lord of Hatred, la deuxième (et ultime) extension majeure de Diablo IV, Blizzard nous embarque vers les côtes lumineuses de Skovos pour un affrontement final contre Méphisto. Mais ce n'est pas tout : deux nouvelles classes, le retour très attendu du Paladin, l'arrivée du Démoniste, et une refonte systémique d'une ampleur inédite viennent couronner cette sortie. La rédaction de jeuxredige.com a poncé l'extension dans tous les sens, et le verdict est sans appel.
Dès notre arrivée sur les îles de Skovos, berceau de la civilisation des Amazones, le contraste est saisissant. Fini la grisaille et la boue : Blizzard nous offre un paysage d'inspiration méditerranéenne, fait de villages d'albâtre, de côtes volcaniques éclatantes et de temples antiques à moitié engloutis. Le titre joue aussi clairement sur la nostaglie, nous invitant à revisiter des lieux bien connus de Diablo II, ce qui ravira les fans. Visuellement, Lord of Hatred est impeccable. Les développeurs prouvent qu'on peut faire du Diablo "lumineux" sans pour autant sacrifier l'ambiance poisseuse et macabre de la licence.
Côté scénario, le studio livre sa meilleure copie depuis très longtemps. Pour arrêter Méphisto (le Seigneur de la Haine) avant qu'il ne corrompe définitivement le monde, nous sommes contraints de forger une alliance impensable avec... Lilith. Ce duo forcé donne lieu à des dialogues savoureux, remplis de méfiance et de trahisons latentes. Les cinématiques pré-calculées sont, une fois de plus, très réussies, et assez nombreuses. On note d’ailleurs un effort supplémentaire sur la mise en scène. Lutter contre la corruption de Méphisto est autrement plus intéressant que de jouer au chat et à la souris avec Lilith. On attend toujours l'arrivée de Diablo (peut-être pour la prochaine extension?). Cette mise en scène renforcée casse parfois un peu le rythme (se taper des longues séquences sur les traumas d'enfance de Lilith, pas très "Diablo compatible"). Comptez une dizaine d'heures pour voir le bout de la campagne.
Qui dit nouvelle extension dit nouvelle classe. Et de ce côté, Blizzard n'a pas fait les choses à moitié, en nous offrant deux nouvelles classes pour relancer la machine. Le paladin signe le retour du fils prodige. Avec son bouclier, ses marteaux bénis et ses auras, la classe joue sur la nostalgie tout en profitant du gameplay viscéral de Diablo IV. La grande nouveauté réside dans son système de "vœux" pour personnaliser ses passifs, et surtout sa forme d'Arbitre : une transformation ultime aux allures de Tyraël qui nettoie l'écran dans un déluge de lumière sacrée. C’est simple, on a l’impression que le paladin a été créé pour Diablo. Malheureusement, il faut en passer par un gameplay moins palpitant pendant la phase de leveling avant de débloquer les compétences les plus jouissives. Le Démoniste est l'opposé absolu, n'hésitant pas à déchirer le voile entre les mondes pour invoquer les légions de l'enfer. Moins "tanky" que le Paladin mais doté d'un DPS de zone absolument monstrueux, il exige un placement minutieux, et une bonne gestion des deux jauges (Courroux et Dominance).
Si Lord of Hatred brille par sa campagne, c'est bien son contenu de très haut niveau qui redéfinit le jeu. Blizzard a écouté la communauté et introduit des changements colossaux. Le Filtre à Butin permet de ne plus avoir besoin de scruter chaque objet jaune ou légendaire. On peut désormais cibler précisément les caractéristiques recherchées, allégeant drastiquement la charge après chaque donjon. Le mythique cube horadrique de Diablo II est de retour pour approfondir l'artisanat. Couplé au nouveau système de "Talismans", il permet de débloquer des bonus de sets très puissants qui changent radicalement le theorycrafting. Enfin, les Plans de Guerre permettent de personnaliser notre propre route de "farming", en choisissant nos activités favorites et en y appliquant des modificateurs pour maximiser les récompenses. Tout ça fluidifie grandement le end game, en permettant de se tailler une expérience à la carte, en fonction de notre classe. Pour souffler entre deux massacres d'élites, on peut même lancer notre ligne dans les rivières de Sanctuaire. La pêche est une actvité très relaxante.
Diablo IV a enfin atteint sa forme ultime. Lord of Hatred n'est pas qu'une simple extension, c'est l'aboutissement d'un jeu qui s'est cherché pendant presque trois ans. Skovos est un terrain de jeu magnifique, l'histoire est sombre et mémorable, et le nouveau duo de classes Paladin/Démoniste offre des dizaines d'heures d'expérimentations jubilatoires. Avec le retour du Cube Horadrique et l'ajout salvateur du filtre à butin, le titre de Blizzard atteint enfin le statut de référence incontestable du hack 'n' slash moderne. Si vous n'avez jamais eu l'occasion de vous y mettre, c'est le moment ou jamais.