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The Adventures of Eliott : The Millenium Tales

Le Zelda-like qui a (un peu trop) voyagé dans le temps

Alors que la Switch 2 commence tranquillement à installer son catalogue, Square Enix fait figure d'éditeur majeur sur la nouvelle hybride de Nintendo. Après Octopath Traveler 0, la HD-2D est encore à l'honneur avec The Adventures of Elliott: The Millenium Tales, un jeu d'action-aventure en vue de dessus qui ne cache pas ses inspirations. Mais à force de regarder dans le rétroviseur, notre cher Eliott a-t-il oublié de regarder devant lui ?


Un scénario qui coche toutes les cases

Prenez un grand bol. Versez-y un monde d'heroic fantasy où des monstres patibulaires se mettent joyeusement sur la tronche du matin au soir. Au milieu de ce chaos, ajoutez la petite cité de Huther, véritable havre de paix maintenu à l'abri des ennuis grâce à la protection magique de la Princesse . Ça fonctionne plutôt bien, jusqu'au jour où des fouineurs découvrent une porte mystérieuse dans des ruines, censée permettre de voyager dans le temps.

Et devinez qui s'y colle ? C’est évidemment notre brave Elliott, l'aventurier de service qui passait sans doute par là. Dès les premières minutes, le jeu nous sort le grand jeu des clichés (et ce n'est pas forcément un défaut) : on droit à l'ingénieux scientifique un peu perché au service du royaume, mais aussi au perfide ministre conseiller du roi à l'ambition dévorante, qui a manifestement lu le manuel de "La Trahison pour les Nuls". Bref, un début on ne peut plus classique qui a le mérite de poser les bases, sans pour autant nous faire tomber de notre chaise. La suite s'étoffe un peu avec notamment plusieurs fin disponibles en fonction de nos action. Mais on reste dans un jeu d'action avant tout, où la narration passe au second plan face à un Octopath Traveler ou un Triangle Strategy.


L'ombre du bonnet vert

Manette en main, l'inspiration Zelda en vue de dessus est tellement omniprésente qu'on frôle le plagiat. Partout, tout le temps, l'ombre de A Link to the Past plane sur le gameplay. On passe pas mal de temps à fracasser des vases un peu partout pour récolter des rubis ou des "larmes de vie" (parâit que le petit artisan est très regardant sur les droits d'auteur). Côté baston, le jeu propose d'assigner une arme sur chacune des deux touches d'attaque. Cela permet d'alterner à la volée entre de grands coups d'épée au corps-à-corps et des tirs de flèches pour garder ses distances. Chaque arme de corps-à-corps possède un gameplay spécifique. L'épée est plutôt vive mais de courte portée, tandis que la lance bénéficie d'une grande portée mais demande plus d'ajustement. L'arsenal, lui aussi, a été directement pioché dans le sac à dos du lutin vert de Nintendo : épée, arc, bombes, boomerang, lance, bouclier... les possibilités sont nombreuses et fonctionnent plutôt bien en combat. Le côté RPG est d'ailleurs totalement effacé (ne cherchez pas de points d'XP) : on est sur de l'action-aventure pur jus. La progression est uniquement dictée par l'équipement que qu'on trouve. Vous voyez cette corniche inaccessible ou ce mur fissuré au début du jeu ? Vous y reviendrez plus tard avec le boomerang ou des explosifs. Classique, mais efficace. Le jeu nous proposant de voyager entre différents âge, le côté Metroidvania est bien présent. Dommage qu'on ne sente pas vraiment de montée en puissance de notre personnage en éliminant des monstres, ce qui nous pousse parfois à carrément esquiver les combats pour aller plus vite.


Un rythme qui fait le yoyo et une carte étriquée

Le problème, c'est que la formule s'essouffle vite à cause d'un rythme bancal. Le début de l'aventure est particulièrement lent, alourdi par des allers-retours incessants pour valider des quêtes fedex beaucoup trop courtes. Globalement, le scénario n'avance pas des masses et le jeu prend (beaucoup) trop son temps pour décoller. Quiconque a déjà touché à un Zelda 2D aura constamment cette impression de jouer à la même chose, mais en moins inspiré à tous les niveaux : le gameplay manque d'un petit grain de folie, la direction artistique peine à se démarquer, et le bestiaire sent le réchauffé. D'ailleurs, les boss sont une véritable déception : très convenus, ils n'offrent quasiment aucune surprise et tombent sans transpirer. Même constat pour le monde ouvert. La carte est finalement assez petite. Si la mécanique de changement d'époque permet de renouveler agréablement les décors et de remanier les donjons, le level design global n'en est malheureusement pas bouleversé pour autant. Résultat : on a vite ce sentiment d'être à l'étroit, et de tourner en rond dans un bocal temporel. Les donjons, pièces maîtresses de ce genre de jeu, peinent également à convaincre. La plupart du temps, ils restent beaucoup trop simplistes et manquent cruellement d'énigmes étoffées ou originales. Pour faire simple, on passe le plus clair de son temps à déplacer des blocs de pierre pour nous frayer un passage. Au bout du troisième donjon, on commence à souffler du nez. Le jeu tente bien d'étoffer ses énigmes avec le temps, mais on reste loin des modèles du genre.


Allo la princesse ?

S'il y a bien une chose qu'on aurait aimé laisser dans le passé, c'est le syndrome du compagnon bavard. Ici, la Princesse nous parle constamment via une boucle d'oreille magique. On est pas loin d'un Atreus de God of War. Elle passe son temps à s'enthousiasmer de manière totalement disproportionnée, au point de nous féliciter chaleureusement dès qu'on écrabouille le moindre escargot asthmatique. Amusant cinq minutes, franchement agaçant au bout de cinq heures.

Techniquement, on sent que le jeu n'est pas tout à fait au point sur la nouvelle machine de Nintendo. Le titre propose deux options, avec un compromis douloureux à la clé. En Mode Performance, le framerate reste heureusement accroché aux 60 fps la majeure partie du temps, mais nos rétines vont subir : ça aliase sévèrement et ça scintille de partout, notamment dans les environnements extérieurs. En Mode Qualité, tout est visuellement bien plus net et flatteur pour l'œil... mais le framerate tombe complètement dans les choux, rendant l'action saccadée et désagréable. D'un point de vue plus personnel, j'ai trouvé que le style HD-2D, en plus d'être rincé jusqu'à l'os, ne collait pas vraiment aux genre Action-Aventure, avec une lisibilité discutable par moments.

Points forts

  • Un système de combat simple mais relativement efficace
  • Le changement d'époque qui varie un peu les décors
  • Finalement un bon jeu d'action-aventure pour les néophytes

Points faibles

  • Un Zelda 2D en moins inspiré
  • Des donjons trop simplistes
  • La technique pas au top
  • La princesse dans l'oreillette



VERDICT 6/10

En résumé, The Adventures of Elliott : The Millenium Tales n'est pas un mauvais jeu, mais il ressemble à ce petit frère qui essaie trop fort d'imiter son aîné sans jamais réussir à avoir son charisme. Avec son rythme poussif, sa map étriquée et ses donjons un peu redondants, il ne s'adresse finalement qu'aux joueurs en manque d'action-aventure old-school, prêts à pardonner ses errances techniques sur Switch 2, ou aux néophytes. Pour les autres, vous pouvez retourner couper de l'herbe en Hyrule sans regret.

Critique rédigée par Ataru
Publié le

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