Un jeu à mi-chemin entre un jeu de rythme musical et un Wario Ware? J’achète. C’est un peu la proposition de Rythm Paradise Groove, en plus simpliste. Ici, nul besoin de retenir des combinaisons de touches compliquées, ou même d’utiliser son stick analogique. En tout et pour tout, on utilise un unique bouton, rarement complété par un deuxième. Rythm Paradise Groove fait volontairement dans la simplicité extrême, du moins dans la prise en main. Ici, tout se joue sur le rythme.
Le titre nous propose une série de challenges (80 pour être exact) sous forme de mini-jeux plus loufoques les uns que les autres. Pour compléter ces challenges, il faut suivre le rythme de la musique sur un timing parfait. Peler un oignon, protéger un convoi de vilains archers, jouer un match de volley, ou encore faire une course de catcheurs. Vous ne voyez pas le rapport? C’est normal. Derrière la variété des jeux se cache toujours le même principe : appuyer sur le bouton au bon moment en suivant la musique pour respecter un timing parfait, et décrocher la mention excellent synonyme de médaille. Rudimentaire sur le papier, le concept fonctionne étonnamment bien manette en main. Du fun en barre. Si la quête des médailles se révèle assez addictive en solo, c’est à plusieurs que le jeu prend tout son sens. On se surprend à s’encourager les uns les autres (pas trop fort quand même, histoire d’entendre les sons) dans un élan collectif incroyable pour venir à bout du challenge. La tension est telle quand on arrive dans les derniers instants d’un challenge, la goutte de sueur au front façon manga, que quelques manettes risquent de valser en cas d’échec pour les plus nerveux. Mission largement accomplie pour une soirée de fun en barre entre amis ou en famille.
Le mode solo n’est pas en reste, proposant une trentaines de défis différents, avec 3 niveaux de difficultés chacun. Si le premier niveau correspond à un petit échauffement, la route s’élève grandement dès le deuxième, pour devenir impitoyable au troisième, où la moindre erreur peut être fatale. Quel plaisir quand on rentre dans “la zone”, concentré à l’extrême sur notre rythme au point d’oublier toute notion du monde alentour. Après avoir accompli les 4 premiers minis-jeux d’une série, on passe en mode Remix. Ce mode combine les différents mini-jeux, passant de l’un à l’autre sans transition, et avec quelques pièges pour nous mettre des bâtons dans les roues (qui consistent souvent à nous cacher partiellement la vue). La notation de fin est quand même assez floue. On obtient parfois la note excellente en ayant le sentiment d’avoir raté son run, tandis que des run quasi parfait ne nous offrent pas le graal. On aurait aimé plus de clarté à ce niveau, pourquoi pas avec un score qui s’affiche en direct.
En plus des épreuves classiques, d’autres mini-jeux annexes sont disponibles, en solo comme en multi. Le mode Beatspell, sorte de mini RPG basé sur le rythme, fait le café. On y contrôle un personnage seul qui doit tour à tour esquiver puis balancer ses sorts pour venir à bout des ennemis. Chaque sort correspond à un rythme différent. Il faut donc jouer avec les affinités élémentaires à bon escient. Encore une fois, la difficulté monte crescendo (et peut-être même un peu trop). Si le début est très tranquille, les boss des derniers niveaux sont des sacs à PV qui peuvent quasiment nous “one shot”. Frustrant. La bande-son se montre assez variée. On passe du rock au funk, avec un détour par la J-Pop. Quelques guests sont même de la partie, dont on vous garde le secret. On regrette juste que la sélection de musiques soit finalement assez limitée en nombre.
Rhythm Paradise Groove réussit son pari : proposer un jeu de rythme à la fois ultra-accessible dans ses commandes et diablement exigeant dans sa maîtrise. Son univers absurde à la WarioWare décroche des sourires à chaque nouveau mini-jeu, et l'expérience en multijoueur est un régal de tension et de fous rires. Si on lui pardonne volontiers ses pics de difficulté cruels (notamment dans l'excellent mode annexe Beatspell), on regrette tout de même un système de notation trop opaque et une playlist musicale qui manque un peu d'épaisseur. Il n'en reste pas moins un incontournable pour vos soirées sur Switch, à condition d'avoir le sens du rythme... et des nerfs solides !