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Assassin's Creed Black Flag Resync

Un remake qui ne prend pas l'eau

Treize ans. Il aura fallu treize ans à Ubisoft pour comprendre que, parfois, il vaut mieux dépoussiérer ses vieux trésors que d'essayer d'en déterrer de nouveaux. Assassin's Creed Black Flag Resync nous propose de renfiler la tenue d'Edward Kenway, le plus pirate des Assassins (ou le plus Assassin des pirates, on ne sait plus trop). Plus qu'un simple portage, c'est un véritable remake, reconstruit de A à Z sous le moteur Anvil, celui-là même qui propulse Assassin's Creed Shadows. Vraie bouffée d'air marin ou juste un fond de cale repeint à la va-vite ? Hissez les voiles, cap sur les Caraïbes !


La première claque de ce Resync est incontestablement visuelle. Si vous aviez l'habitude du 720p vacillant de la version PS360, préparez vos rétines. Sur PS5, le jeu propose trois modes graphiques : Performance (4K upscalé à 60 FPS), Fidélité (1440p à 30 FPS avec Ray Tracing) et Équilibré (1260p à 40 FPS, idéal si vous avez un écran 120Hz). Et si vous êtes l'heureux possesseur d'une PS5 Pro, c'est carrément Byzance : le ray tracing est partout, l'illumination globale claque, et la barbe d'Edward bénéficie d'un rendu "strand-based". Oui, vous avez bien lu, on a enfin la technologie nécessaire pour que les poils de nez d'un pirate réagissent correctement au vent des Caraïbes. C'est beau le progrès. Les animations ont également été retravaillée pour êtres plus crédibles. Seul problème, des visages qui tranchent un peu avec le reste, conservant leur aspect un poil grossier du jeu d'origine. L'océan quant à lui n'a jamais été aussi séduisant. La météo dynamique transforme de simples balades en de véritables voyages épiques, où les vagues menacent à chaque instant de transformer le Jackdaw en bois d'allumage. Bref, visuellement, c'est une franche réussite. Ubisoft a su conserver l'identité visuelle du titre original tout en le dopant aux technologies d'aujourd'hui. On regrette simplement que la météo soit justement un peu trop dynamique, avec des tempêtes et de la pluie un peu trop fréquente, nous empêchant de profiter pleinement du soleil des Caraïbes.

Enfin le droit de s'accroupir

Mais un joli bateau ne sert à rien si on ne sait pas naviguer. Heureusement, le gameplay a aussi eu droit à son lifting. L'ajout majeur, celui qu'on attendait depuis 2013 : le bouton pour s'accroupir ! Finis les sauts de puce ridicules entre deux buissons. L'infiltration gagne en souplesse et en naturel. Les missions de filature, notre hantise à tous (sérieusement, qui aimait suivre un type pendant 10 minutes à deux à l'heure ?), ont été repensées. L'échec n'est plus automatique si on se fait repérer. Ce sont des détails, certes, mais ils changent fondamentalement l'approche du jeu. Edward semble enfin moins rigide, plus en phase avec son côté rebelle. Les combats ont également été dépoussiérés. Fini le système d'attente/contre bête et méchant. Les ennemis ont désormais une posture à briser, et les fenêtres de parade exigent un peu plus de timing. On a même droit à un bon gros coup de pied pour expédier ses adversaires par-dessus bord. Simple, basique, efficace. On apprécie également le parkour beaucoup plus fluide, grâce à des animations là encore directement reprises de Shadows. Fini la rigidité extrême et les imprécisions, Edward réagit au doigt et à l'oeil.


Du neuf avec du vieux

Côté histoire, la trame principale reste fidèle à elle-même. On retrouve ce cher Edward Kenway, corsaire gallois plus attiré par l'or que par le Crédo. Cependant, Ubisoft a eu la bonne idée d'ajouter du contenu narratif inédit. De nouvelles intrigues viennent étoffer le background de personnages emblématiques comme Barbe-Noire et Stede Bonnet. On peut également recruter trois nouveaux officiers pour le Jackdaw, et adopter des animaux de compagnie sur le navire. Mention spéciale aux nouveaux chants marins, parfaits pour casser les oreilles de nos voisins de palier pendant qu'on barre notre navire dans notre salon. Fini les phases dans le présent, Ubisoft les a carrément zappé, pour notre plus grand plaisir. L'interface a aussi été revue. Fini le HUD surchargé, on peut désormais opter pour un affichage "minimaliste" pour ne garder que l'essentiel, ou le personnaliser selon vos goûts. La boucle de gameplay par contre n'a pas bougée d'un iota, impliquant une répétitivité inhérente à la saga. Quêtes annexes répétitives, collectibles partout et points de synchronisation à escalader viennent constituer notre routine de jeu. Si on apprécie toujours autant le sentiment de liberté que procure le titre, on déplore aussi la routine qui s'installe assez vite.

VERDICT 7/10

Assassin's Creed Black Flag Resync n'est pas qu'un simple coup de peinture sur une vieille coque rouillée. C'est une véritable refonte, intelligente et soignée, d'un des meilleurs épisodes de la série. Les améliorations visuelles sont indéniables, et les ajustements de gameplay rendent l'expérience bien plus fluide et agréable. Ubisoft a réussi à moderniser le jeu sans trahir son âme. Alors certes, l'IA est parfois encore un peu aux fraises, la boucle de gameplay répétitive, mais le plaisir de naviguer sur les flots des Caraïbes au son des marins est intact. Si vous avez aimé l'original, ce Resync est une évidence. Si vous n'y avez jamais joué, c'est l'occasion idéale de plonger. Et n'oubliez pas : s'accroupir, c'est la vie.

Critique rédigée par Ataru
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