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Splatoon Raiders

Plutôt saumon ou calamar?

Après des années à s'étriper dans la joie, la mauvaise foi et la peinture fluo, Nintendo a décidé qu'il était temps de nous offrir des vacances. Sauf que le Club Med s'est transformé en Koh-Lanta face à des hordes de Salmonoïdes pas vraiment décidés à nous laisser bronzer. Exclusivité de cette toute fraîche Switch 2, Splatoon Raiders tente le pari risqué du spin-off 100 % solo (ou presque). Fini les guerres de territoire en multi, place à l'action-RPG et au looter-shooter. Véritable bouffée d'air frais ou simple coup d'épée dans l'encre ?


Exit les Inklings anonymes, on incarne ici un "Mécano" muet mais personnalisable, accompagné d'Angie, Pasquale et Raimi (le fameux trio Tridenfer de Splatoon 3). Après un crash d'hélicoptère digne des meilleurs films catastrophe de série B, notre joyeuse bande se retrouve coincée sur les îles Spirhalite avec un objectif simple : piller les trésors locaux tout en repoussant la faune hostile. Sur le papier, l'idée de développer l'univers et le lore de Splatoon à travers une véritable aventure scénarisée est intéressante. Manette en main, le constat est un peu plus tiède. Si les certains dialogues arracheront quelques sourires aux fans de la première heure, l'histoire globale peine à décoller et sert davantage de prétexte pour enchaîner les niveaux. On aurait aimé que Nintendo prenne un peu plus de risques narratifs au lieu de rester en surface (ahah).


La boucle de gameplay abandonne totalement le PvP pour se concentrer sur une formule qui lorgne curieusement vers le looter-shooter. On explore différentes îles, on amasse des ressources, on débloque des points d'aptitude et on améliore notre arsenal. Un arsenal qui reprend les grands classiques de la série. Lanceurs, rouleaux, badigeonneurs ou encore double encreurs sont de la partie, chacun proposant un style de jeu différent. Les réservoirs et les gadgets apportent une touche de personnalisation bienvenue. On peut choisir de privilégier la mobilité, ou l'approche bourrine. Certains niveaux demandent d'utiliser tous les réservoirs pour obtenir l'ensemble des récompenses, ce qui pousse à changer son style de jeu. Les combats contre les Salmonoïdes reprennent l'exigence du mode Salmon Run : c'est nerveux, souvent chaotique, et on se retrouve vite sous tension quand l'écran se remplit d'ennemis et de projections d'encre. Il faut constamment veiller à ne pas se faire submerger, tout en remplissant assez vite la jauge d'oeufs de poissons (qu'on récupère en éliminant des ennemis) pour ne pas voir le game over (beaucoup de niveaux sont chronométrés). Il faut l'avouer, simple sur le papier, la boucle de gameplay de Splatoon Raiders est sacrément addictive. Les niveaux se finissant assez vite (moins de 5 minutes pour la plupart), on a toujours envie de s'en relancer un "petit dernier pour la route". Il manque cependant un peu ce sentiment d'aventure, avec des niveaux très cloisonnés et balisés pour la plupart.

Pour souffler entre deux vagues de Salmonoïdes et varier les plaisirs, le titre a la bonne idée d'intercaler des phases de puzzle-platforming (souvent sans ennemis). Ces séquences sont malines, bien pensées, et nous apprenent à tirer le meilleur parti de nos gadgets; car elles reposent très souvent sur la bonne utilisation de l'un d'eux en particulier. La panoplie de gadgets à disposition est bien étoffée, permettant de se forger son propre style de jeu. Vous aimez la mobilité? Optez donc pour le blast boost, pour sauter loin et écraser ses ennemis à l'atterissage. Vous préférez l'approche frontale? Le dash façon bélier sera tout indiqué. Avec la quinzaine de gadgets disponible, il y a de quoi faire. D'autant que chaque gadget dispose de nombreux slots dans lesquels on peut insérer des bonus. Notre petit calamar étant particulièrement fragile, 2 ou 3 coups reçus suffisent souvent à l'envoyer au tapis. Il faut donc autant veiller à son placement qu'à dézinguer les vagues d'ennemis se présentant à nous. Malheureusement, en mode de difficulté normal, le jeu ne pousse pas à exploiter totalement ces nombreuses possibilités de build. Seul le mode difficile propose un véritable challenge, où il faut bien penser son build, sous peine de se faire punir très vite. En cas de galère, il est possible de faire appel à un ami (ou à des inconnus) pour aller se farcir les salmonoïdes à plusieurs. Mais Splatoon Raiders restant un jeu solo avant tout, cet appel à l'aide demande un cooldown de quelques minutes pour être réutilisé.


Entre deux expéditions, les retours à la base nous permettent non seulement d'améliorer notre arsenal et nos caractéristiques, mais également la base elle-même. Moyennant des matériaux, on va progressivement faire passer notre camp de ZAD insalubre à forteresse high-tech. L'atelier de Raimi nous permet d'améliorer nos pétoires moyennant quelques spirhalites (la monnaie principale du jeu), ou en recyclant celles qu'on utilise plus. Le labo de Pasquale est le département R&D de la base : plus il s'agrandit, plus l'arbre de compétence de notre mécano s'étoffe et nos gadgets gagnent en fonctionnalités. On s'arrête là pour ne pas trop spoiler, mais les fans de Metal Gear Solid 5 (oui on vous voit) risquent d'apprécier ce côté "Mother Base" sauce calamars.

Côté technique, Splatoon Raiders fait partie de ces jeux qui auraient pu tourner sur Switch première du nom, mais qui bénéficie d'un niveau de polish supplémentaire avec la puissance de la Switch 2. La résolution a été améliorée et l'aliasing a disparu. Certains panoramas de l'archipel sont superbes et contrastent brillamment avec les arènes urbaines métalliques auxquelles la série nous avait habitués. Malheureusement, d'autres niveaux s'avèrent étonnamment ternes, manquant cruellement de l'éclat pop et coloré qui fait l'ADN de la licence. La fluidité reste heureusement exemplaire, même quand une armée de Salmonoïdes décide de vous refaire le portrait en haute définition (60 images par seconde tenu en toutes circonstances).


Points forts

  • Une boucle de gameplay addictive
  • Un sentiment de progression constant
  • Les phases de puzzle-platforming qui viennent casser la routine

Points faibles

  • Un scénario et des dialogues assez creux
  • Une structure linéaire et dirigiste
  • Une boucle de gameplay répétitive sur la longueur



VERDICT 7,5/10

Splatoon Raiders est un spin-off qui a le culot d'essayer quelque chose de différent avec une licence bien installée, et pour ça, on salue l'effort. L'expérience solo est solide, le plaisir de jeu immédiat est au rendez-vous, et retrouver cet univers sur Switch 2 fait vraiment plaisir. Mais à trop vouloir baliser le terrain avec une progression dirigiste et un manque de folie dans son arsenal et ses niveaux, le jeu finit par tourner un peu en rond. Il faut vraiment aimer le mode Salmon Run et le farm de niveaux pour pousser l'expérience au-delà de la douzaine d'heures nécessaires à voir le bout de l'histoire. Une excellente mise en bouche pour les nouveaux venus, mais les vieux briscards de l'encre risquent de trouver que ce cocktail manque d'un petit grain de sel pour être inoubliable.

Critique rédigée par Ataru
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