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Captain Tsubasa 2 World Fighters

Le ballon est toujours notre ami

Après un premier opus qui avait réveillé la nostalgie des trentenaires en manque de frappes de l'aigle, Tamsoft et Bandai Namco remettent le couvert. Sorti le 28 août 2026 sur notre toute fraîche Nintendo Switch 2 (ainsi que sur les autres supports habituels), Captain Tsubasa 2 : World Fighters promet 110 personnages, de la sueur, des terrains interminables et des filets troués. Alors, on chausse les crampons ou on reste sur le banc de touche ?


Soyons honnêtes : l'arrivée récente d'Inazuma Eleven Victory Road a rebattu les cartes en s'imposant comme le roi incontesté du foot arcade orienté manga/animé. Face à ce rouleau compresseur, le vieux briscard Tsubasase devait de réagir et de trouver un second souffle. Le premier opus de 2020 essayait encore de garder un pied dans le monde du football « traditionnel », avec des ouvertures, un vrai jeu de passes, des changements de rythme, des driblbes bien fignolés et un placement sur le terrain qui avait son importance. Ici, c'est terminé, ou presque. Tamsoft a tranché dans le vif : World Fighters abandonne toute volonté de ressembler un tant soi peu à une simulation sportive. C'est limite si on peut jouer au jeu sans connaître des règles du football (ce qui tombe bien, car l'arbitre a de toute façon oublié son sifflet aux vestiaires). Et vous savez quoi? Ce n'est pas plus mal.


Le terrain sert désormais plus à gérer des ressources qu'à construire des actions. La gestion de jauges et de barres d'énergie est au coeur du gameplay.

  • Une priorité absolue à la défense : Dans cet opus, exécuter un tacle dévastateur est infiniment plus facile que de réussir un dribble. Résultat immédiat : la plupart des rencontres tournent très vite à une véritable guerre des tranchées au milieu de terrain, où l'on passe son temps à se rentrer dedans à coups d'épaules et de tacles assassins.

  • Le tir intelligent à double tranchant : La grande nouveauté offensive réside dans le système de frappe. Quand on déclenche une lourde frappe, on choisit une direction parmi plusieurs, tandis que le gardien adverse doit deviner où plonger. S'il anticipe correctement la trajectoire, il peut détourner le ballon sans entamer sa jauge d'endurance, voire réaliser un « arrêt miracle » spectaculaire.

Au premier abord, le système peut sembler assez limité, voire bordélique. On a l'impression d'assister à un bête affrontement de statistiques et d'agressivité. Mais c'est lorsque la difficulté commence à grimper que la vraie magie opère et que les subtilités apparaissent. Le titre devient alors bien plus fin qu'il n'y paraît : il faut apprendre à lire le jeu adverse, comme esquiver au dernier moment le tacle ultime (bouton Triangle / X) d'un défenseur pour le plonger dans un état de stun (étourdissement), nous laissant ainsi tout le temps nécessaire pour charger notre plus grosse frappe dévastatrice. Seul gros point noir : les tutoriels du jeu sont un peu chiches. Ils n'enseignent absolument pas tous ces sous-systèmes cruciaux. On se retrouve donc propulsé sur le terrain en devant deviner soi-même les mécaniques avancées qui font toute la richesse des matchs à haut niveau.


Pour accompagner cette refonte, le mode Histoire vous propose de créer notre propre avatar de toutes pièces, où l'on va participer à l'aventure de Tsubasa et ses amis sur le chemin de la Coupe du Monde (l'arc World Youth du manga). Mais au-delà de la personnalisation esthétique, c'est la progression de notre joueur qui capte l'attention grâce à un système de quêtes annexes dynamiques pendant les matchs. Chaque rencontre nous impose des défis spécifiques : tel joueur doit marquer au moins 2 buts, le gardien doit réaliser 2 parades décisives, notre avatar doit dribbler tel adversaire précis au moins 2 fois... Remplir ces objectifs permet de débloquer directement des points de caractéristiques et d'améliorer les statistiques de notre personnage. Un aspect collection et optimisation hyper addictif qui donne envie d'enchaîner les rencontres pour se tailler un joueur sur mesure.

Sur le plan technique, la Switch 2 apporte le confort que l'on attendait. Là où le premier épisode tirait la langue sur l'ancienne génération avec des temps de chargement interminables, World Fighters profite de la nouvelle machine pour afficher des animations explosives sans le moindre ralentissement. Même lorsque l'écran devient un maelström de dragons, de tigres et d'effets pyrotechniques lors des tirs combinés, le framerate reste solide comme un roc. On regrette cependant que le moteur vieilissant n'est pas été remis au goût du jour. Les animations de passes, ou la physique du ballon sont toujours datés. Tout comme la modélisation des personnages, et les stades qui manquent cruellement de vie.

VERDICT 7,5/10

En renonçant définitivement aux bribes de simulation pour devenir un pur jeu de baston/gestion de jauges par équipes, Captain Tsubasa 2 : World Fighters prend un risque qui s'avère payant. Sous ses airs de foire d'empoigne désordonnée, il cache un gameplay tactique et jouissif une fois qu'on en maîtrise les arcanes. Dommage que l'aspect technique, déjà en retard à l'époque, n'est pas bougé depuis le premier épisode.


Critique rédigée par Ataru
Publié le

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