JOUR 1 : Square Enix sort l'artillerie lourde et Capcom régale sur Switch 2JOUR 2 : De la nostalgie, des mechas et un Castlevania à la sauce française !Bilan du salon : Le retour du jeu traditionnel
De retour du Makuhari Messe avec des souvenirs pleins la tête (et quelques kilos de goodies en plus), il est temps de faire le grand bilan de ce Tokyo Game Show 2026. Une édition très spéciale pour les 30 ans du salon, amputée d'une journée d'ouverture à cause d'un typhon (la météo japonaise, toujours une aventure !), mais qui m'a tout de même ouvert ses portes pour deux journées "Business". Spoiler alert : "Business Day" ou pas, la densité de population au mètre carré dépasse largement celle de Shibuya Crossing. Heureusement, outre les 8 halls publics où les décibels explosent, les zones professionnelles à l'arrière des stands permettaient de souffler un peu. Allez, on débriefe tout ça !
Final Fantasy VII Revelations
On attaque fort avec l’éléphant au milieu du salon. Pour ce troisième et ultime opus du projet FF VII REmake, Square Enix n'a pas fait les choses à moitié avec un stand monumental. J'ai pu poser les mains sur une démo de 20 minutes qui sentait bon le late game. Pas de monde ouvert à l'horizon pour cette fois (ouf, les 15 000 marqueurs de quête des trailers m'avaient filé des sueurs froides), mais une section assez "couloir" mêlant combats, cinématiques et un boss costaud. Du classique. La bonne nouvelle, c'est qu'on pouvait enfin tester Cid et Vincent ! Comme d'habitude, Square réussit à offrir un feeling unique pour chaque personnage. Vincent excelle à distance et peut se transformer en bête pour infliger des dégâts massifs sur un ennemi en état de choc. Cid est plutôt adepte du corps-à-corps. Le gameplay de combat est toujours aussi redoutable, avec l'intégration d'un nouveau système de jobs, qui offre des tenues spécifiques à chaque perso (voir Barret en armure de chevalier, c’était pas donné). Côté scénario, on s'écarte encore de l'histoire originale, avec des scènes inédites et des mecs à capuches... Sommes-nous prêts pour un retour d'Aeris ? Hasard du placement dans la queue, j’ai pu tâter la version Switch 2. Je redoutais la catastrophe, mais il n’en est rien. Forcément, il ne faut pas attendre le degré de finesse des version PS5, PC ou Xbox, mais en docké, “ça fait le taff”, avec 30 fps constants. Reste à voir si le monde ouvert ne mettra pas trop à genoux l’hybride de Nintendo.
Professeur Layton et le Nouveau Monde à Vapeur
Attendu de longue date, le gentleman au chapeau haut de forme débarquera bien à la fin de l'année sur Switch 2. La démo de 15 minutes proposait des énigmes parfaitement fidèles à l'ADN de la série. Et rassurez-vous, si l'IA a servi pour certaines modélisations, elle n'a clairement pas touché aux énigmes : elles sont toujours aussi délicieusement tordues (la dernière demandait carrément de jouer avec les règles du jeu). Pour le reste, on fait ce qu’on faisait déjà sur DS et 3DS : explorer des tableaux fixes, dénicher des pièces et des énigmes, dans une ambiance qui respecte parfaitement la licence. Bref, aucune révolution au programme, Layton reste Layton. Et cela confirme surtout une chose : mon QI n'a manifestement pas augmenté depuis l'époque de la DS.
La suite Capcom : Monster Hunter Wilds et Resident Evil sur Switch 2
On souffle un peu et on repose ses oreilles direction la suite Capcom (merci à eux pour leur invitation). L’occasion d’y tâter Monster Hunter Wilds tournant étonnamment bien sur Switch 2 en mode portable. Le framerate oscille entre 30 et 50 fps, avec la possibilité de le bloquer à 30 pour plus de stabilité. Certes, la résolution et les textures prennent logiquement un petit coup, mais l'expérience reste tout à fait jouable et le framerate bloqué ne bronche pas, même avec beaucoup de mouvement à l’écran. Même si je n’ai pas été un grand fan de l’épisode à sa sortie sur PC, la faute à une mauvaise optimisation, une difficulté trio faiblarde et un aspect chasse quasi inexistant, pouvoir chasser du gros monstre depuis le fond de sa poche, ça fait son petit effet ! Gageons que le DLC Ascendance, disponible à la sortie de cette version Switch 2, apporte un peu plus de challenge.
Les remakes de Resident Evil 2, 3 et 4 tournaient également de manière très fluide en docké, toujours moyennant quelques concessions sur les textures et la résolution.
On finit ce premier jour avec le mur des messages des développeurs pour les 30 ans du salon, et un petit passage par le hall des goodies (mon banquier ne me remercie pas).
On attaque le deuxième jour avec la barre de vie bien entamée, mais la motivation toujours au max.
Final Fantasy Resonance
Je l'avoue, j'y suis d'abord allé pour gratter la magnifique jaquette promotionnelle au format Super NES et sa petite carte à jouer. Mais c'était tout de même l'occasion d'affronter un boss inédit et d'explorer un nouveau donjon par rapport à la démo publique. Le système de combat est vraiment grisant : il faut chercher les bonnes combinaisons pour break un maximum d'ennemis en même temps et s'offrir des actions bonus. Le système d’invocation de personnages issus de la série, outre l’aspect fan service, sert véritablement le gameplay. Des fondamentaux classiques, mais redoutablement efficaces. Et surtout : ouf, les boss ne sont pas de simples sacs à PV ! Une très grosse attente pour ma part, si le scénario, qui me paraît un brin trop classique, réussit à nous tenir sur la durée.
Castlevania Belmont’s Curse
Le plus beau stand de tout le salon, ne cherchez pas. Cocorico ! On troque la Transylvanie contre Paris. Aux commandes ? Le studio français derrière Dead Cells, et ça transpire la passion dès les premières secondes. Le gameplay et les animations sont très font directement penser au titre de Motion Twin, avec l'ajout d'une mécanique de grappin jouissive. La direction artistique est une pépite : un mix parfait entre la bande dessinée franco-belge et la japanim'. Côté action, on respecte les codes de Castlevania : les mobs frappent fort, et l'aspect "die and retry" est bel et bien de la partie face aux boss. Le mariage entre la nervosité de Dead Cells et le lore de Castlevania fonctionne à merveille. Vivement la démo publique annoncée pour le 1er octobre !
Gundam Rogue Orbit
En bon fan de mechas (et monteur compulsif de Gunpla à mes heures perdues pour détendre mes pouces usés par les manettes), c'était LA grosse attente de mon TGS. La démo permettait de tester trois Mobile Suits différents, dont un axé sur l'assaut à l'épée à mi-distance, et un autre maniant le fouet. Au programme : une mission instanciée classique sur une station orbitale où il faut nettoyer la zone avant d'affronter un boss. Petite originalité : on y affronte des Kaijus, dans une mise en scène très cinématique qui prépare clairement le terrain pour le film live-action et la nouvelle série de l'année prochaine.
Le gameplay repose sur une excellente gestion des sa jauge d’énergie, qui sert à enclencher le boost, et les compétences spéciales de notre mecha. Et gare à la panne sèche, qui nous laissera stun et à la merci de l'ennemi. La sensation de puissance au corps-à-corps est géniale, avec la possibilité d’allumer les ennemis à distance à l’aide de notre fusil. Seul regret de la session : impossible de grouper avec des humains, il fallait se contenter de bots. Reste à voir également si le côté personnalisation et la mise en scène suivront, d’ici la sortie prévue en 2027.
Stranger Than Heaven
Fort heureusement, cette session tokyoïte fut bien plus convaincante que la démo que j'avais pu tester à la Gamescom à Cologne fin août. Cette fois, le jeu nous lâchait un peu la grappe pour explorer librement des morceaux de Fukuoka, Osaka et Hiroshima, et tester les mini-jeux présents à foison. Le système de combat m'a semblé beaucoup plus fluide et dynamique (j'ai enfin eu l'impression de diriger un humain et non un semi-remorque !). Nouveau build ou ajustements rapides des développeurs après les retours allemands ? Quoi qu'il en soit, me voilà rassuré avant sa sortie imminente en janvier 2027.
Persona 4 Revival
Le retour du meilleur Persona ever (c'est mon avis et je le partage), avec tous les ajouts visuels et d'ergonomie de Persona 5. C’est un grand, un immense OUI.
La Neo Geo AES+ existe!
Comment ne pas finir par un tour du stand Neo Geo ? En effet, l’AES + existe bel et bien ! Elle était présente sur le stand Plaion, et visible sous tous les angles. L’intégralité des 12 jeux de lancement étaient jouables, dont une surprise : Zero Wing, shoot’em up qui n’était jamais sorti sur la console d’origine ! Je ne vais pas m’étendre en considérations techniques que je ne maîtrise pas forcément. Simplement vous dire que la console est bien finie, et le pad aussi. On retrouve les mêmes sensations qu’avec le stick d’origine, et le rendu à l’écran est impeccable. Même les cartouches, qui ne disposent pas des mêmes composants qu’à l’époque, font le même poids. Pas de scanlines au programme sur les écrans LCD disponibles, mais on fait avec. Je n’ai malheureusement pas pu tester le rendu sur écran CRT, faute de matériel disponible sur le stand. Que ceux qui ont conservé leur préco se rassurent : la console semble tenir ses promesses. Et à en juger par le nombre de gaijins présents sur le stand Plaion, on comprend pourquoi les précommandes ont explosé les prévisions de Plaion (environ 30 fois plus !).
Conclusion
Bilan de ce premier TGS pour ma part : c'est bruyant, il y a un monde fou, mais ça reste à taille humaine. Le salon est moins tentaculaire que la Gamescom, mais beaucoup plus concentré. Dans les halls publics, les exposants poussent le son à fond, c'est un véritable festival pour les tympans. Cependant, l'organisation pour la presse est un modèle du genre : pas besoin de courir après les rendez-vous, on peut faire la quasi-totalité des démos simplement en se présentant au guichet grâce à des files réservées sur tous les stands.
J’ai noté la quasi-absence des éditeurs chinois, pourtant présents en force lors des dernières éditions, sans doute en raison du contexte géopolitique actuel. De même, les jeux mobiles prenaient beaucoup moins de place cette année. Nous avons vraiment eu droit à un salon placé sous le signe du grand retour du jeu vidéo traditionnel, avec notamment un retour en force de Konami qui fait vraiment plaisir à voir.
Voilà pour ce grand tour d'horizon nippon ! Je vais maintenant reposer mes tympans dans mon onsen de campagne et peaufiner les sujets du prochain épisode de Brouillon de Pixels. À très vite sur JeuxRédige !