C’est l’été des ninjas. Après un (plutôt bon) Ninja Gaiden : Ragebound, place aux Shinobis, avec Shinobi : Art of Vengeance. Encore une licence historique, encore une histoire de katanas et de kunais. Mais une approche très diffétente, qui fonctionne tout aussi bien.
Une fois n’est pas coutume, Shinobi : Art of Vengeance nous met dans la peau de Joe Musashi, le shinobi légendaire, qui coule désormais une préretraite tranquille avec sa femme et son nouveau-né. C’est sans compter sur ENE Corporation, une organisation très méchante, qui compte mettre la main sur un artefact conférant l’immortalité à son leader (rien que ça). Bon, pour être franc, on n'est pas là pour le scénario, mais il fallait en parler.

Le jeu débute en douceur, avec un niveau “tuto” (le même que la démo) dans la forêt de bambou, nous introduisant les mécaniques du jeu en douceur. Et elles sont nombreuses. Les habitués de la série ne seront pas vraiment dépaysés au départ : on court, on saute, on découpe, le tout entrecoupé de quelques lancers de kunai bien sentis. Mais cet épisode propose un rythme assez différent des épisodes Megadrive ou Arcade, qui étaient moins nerveux. En combat, notre bon Joe s'appuie sur des attaques légères/lourdes (mais plus lentes), un dash et des lancers de shurikens (rares et précieux au départ). Très vite, on se rend compte que les développeurs ont voulu apporter un aspect jeu de combat. Toute une panoplie de combos s'offre à nous, y compris en l’air. Les ennemis ne peuvent pas être “one shot” comme dans Ninja Gaiden Ragebound, mais disposent tous d'une barre de vie (plus ou moins grande). Certains ont même un bouclier et une jauge de break, qui une fois remplie les expose à une exécution facile. Le flow du jeu s’en trouve différent, plus posé. Un rythme aussi bien différent d’un Shadow Dancer Megadrive, dans lequel chaque tableau était presque une énigme (“Comment vais-je faire pour passer ici avec cet ennemi ici, cet ennemi là?”). Ici, l'ensemble est plus fluide. À certains moments, la progression se bloque carrément et nous impose de venir à bout d’une vague d'ennemis pour continuer notre progression.

Katana et kunai n’étant pas toujours suffisants, notre shinobi peut aussi compter sur des sorts (les ninpô) et des attaques ultimes, qu'on débloque en échange de quelques pièces d'or et de reliques, et qu’on peut équiper. Ce volet combat renforcé aurait pu être un problème pour les fans de la formule classique des Shinobi. Mais ce n’est pas du tout le cas, tant il se révèle jouissif et varié tout au long de l'aventure. Mais que serait un bon Shinobi sans des bons combats de boss ? Ils sont évidemment de la partie, et très réussis. Leur design fait énormément penser à ceux des premiers épisodes de la saga, très inspirés des animés de super-héros des années 90.

Entre deux découpes d'ennemis, les phases de plateforme viennent agrémenter notre progression. On virevolte à travers des niveaux assez tortueux, qui présentent même un aspect Metroidvania. Comprenez par là que Joe acquiert de nouveaux pouvoirs au fil de l'aventure, comme des gants permettant d’escalader certaines parois, ou une sorte de fulguro poing capable de fracasser des portes. Ces capacités permettent de revenir dans les niveaux déjà parcourus afin d’y glaner des pièces, reliques ou dé dénicher les défis d’escouades d’élite. Ces derniers consistent à venir à bout d’une vague d’ennemis particulièrement coriaces dans un délai imparti. Des amulettes permettent également d’obtenir des bonus passifs, comme augmenter l’efficacité des soins, ou des kunai traversant les ennemis. On peut aussi acheter de nouveaux ninpô ou de nouveaux combos dans des boutiques disséminées dans les tableaux. Les niveaux sont longs, parfois même un peu trop. Certes, les points de sauvegarde fréquents permettent de reprendre notre partie à différents endroits d’un même niveau, mais Shinobi Art of Vengeance fait partie de ces jeux qu’il vaut mieux ne pas trop laisser de côté, sous peine d’être un peu perdu lorsqu’on s’y remet (le côté Metroidvania n’aide pas).

Certaines phases de plateformes sont assez corsées, et nécessitent une bonne maîtrise du double saut puis du dash (Je pense notamment à un certain passage dans une aciérie avec des scies). Pour un peu, on se croirait dans Céleste. Un challenge à relativiser tout de même : Shinobi Art of Vengeance reste un jeu moderne, bien mieux équilibré que ses prédécesseurs (Trois niveaux de difficulté sont présents), même s’il en respecte la plupart des codes. À commencer par les décors : des montagnes aux villes Cyberpunk, en passant par des usines ou des chutes d’eau, tous les environnements emblématiques de la saga sont présents. A l’instar du bestiaire, avec des ennemis “classiques” comme des ninjas ou des esprits yokai, mais également d’autres plus originaux comme les drones de combat ou les soldats en jetpack. Lizardcube a veillé à conserver l’esprit rétrofuturiste de la série, tout en le mettant au goût du jour. Quiconque a joué ou vu Street of Rage 4 reconnaît immédiatement la patte Lizardcube, à base de 2D dessinée façon BD et de couleurs vives. Les références sont nombreuses, parfois même un peu lourdes (les gros panneaux Sega ou Dreamcast bien en évidence), mais touchent le petit cœur des trentenaires sans problème.

Si le titre s’avère très beau, c’est parfois au détriment de sa propre lisibilité. Les plans sont parfois un peu trop chargés, au point qu’on distingue mal les arrière-plans et les plateformes où l’on peut s’accrocher ou monter. Un souci relativement rare toutefois. Comptez environ 8 h pour finir le jeu, et quelques heures de plus pour le 100 %, ce qui constitue le haut du panier de ce genre en termes de durée de vie. Et pour les plus hardcores (ou les plus boomers), le mode Arcade permet de refaire tous les niveaux, avec tous les équipements, afin d’aller chercher le meilleur score.
Mission réussie pour Shinobi : Art of Vengeance. Le titre de Lizardcube réussit la délicate tâche de dépoussiérer une licence mythique, en conservant son essence. Un gameplay somme toute assez différent des anciens épisodes, davantage axé sur les combats et les combos, mais qui fonctionne à merveille. Décidément, c’est l’année du ninja.
Dernière modification le 02/09/2025 à 17:12.
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