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Ghost of Yôtei

Sucker Punch a-t-il de la suite dans les idées?

Disons-le d'emblée, Il y a cinq ans, Ghost of Tsushima n'avait pas vraiment été ma tasse de thé. Malgré ses indéniables qualités – une direction artistique soignée, un système de combat efficace –, quelque chose ne prenait pas. Trop solennel peut-être, trop empreint de cette gravité nippone que l'on attend dans les récits de samouraïs, mais qui finit par tourner en rond. Alors quand Sony a annoncé Ghost of Yôtei, la suite spirituelle développée par Sucker Punch, j'y suis allé sans grand entrain. Et pourtant, la magie a cette fois opérée.



Ghost of Yôtei n'est pas une révoltion. Sucker Punch reste fidèle à sa formule : on incarne un personnage laissé pour mort qui "revient à la vie" pour devenir une légende et, évidemment, se venger. Du grand classique dans le catalogue Sony. Cette fois, c'est Atsu, une mercenaire dont toute la famille a été massacrée par une bande de hors-la-loi masqués : les Six Yôtei. On change d'époque – exit le Japon millénaire et ses codes d'honneur figés –, pour se rapprocher d'une période plus trouble, celle du début du XVIIe siècle dans la région sauvage d'Ezo, aujourd'hui connue sous le nom d'Hokkaidô. C'est là que le jeu prend une direction assez inattendue, avec une introduction aux allures de Read Dead Redemption 2 : on quitte le côté très solennel de Tsushima pour quelque chose de plus "terre-à-terre", plus rugueux. Au lieu d'incarner un samouraî au code d'honneur bien établi, on est dans la peau d'une quasi hors-la-loi avec Atsu. Le ton change, l'ambiance aussi. Ghost of Yôtei, ce n'est plus une épopée héroïque, mais la survie d'une paria dans un territoire hostile. J'ai trouvé cette approche bien plus originale que celle de Ghost of Tsushima. L'écriture reste classique : une histoire de vengeance dans les règles de l'art. Pas de grandes surprises narratives, mais une certaine efficacité dans l'exécution. Ghost of Yôtei assume beaucoup mieux sa proposition que son prédécesseur. Là où Tsushima se prenait parfois trop au sérieux, Yôtei joue cartes sur table : c'est un jeu d'action en monde ouvert qui emprunte au folklore japonais sans chercher à faire un travail d'historien.

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Comme son aîné, le titre propose un monde ouvert… qui n'en est pas vraiment un. On déambule sur de grandes zones ouvertes mais séparées entre elles, à la façon d'un Witcher 3. On retrouve ce Japon carte postale, un peu fantasmé, où tout se mélange de façon un peu artificielle et sans véritable cohérence géographique. Mais contrairement à son prédécesseur, le jeu embrasse totalement cette proposition. La découverte de ces lieux constitue suffit à nous pousser à explorer la carte. Résultat : on descend très souvent de notre cheval, mais c'est rarement pour rien. Les activités annexes sont plus variées et débouchent régulièrement sur des récompenses intéressantes – nouvelles armures, armes inédites. Un exemple : on trouve certains points d'intérêt en jouant de notre shamisen, qui nous oriente dans la bonne direction. C'est un peu kitsch, mais ça fonctionne. Le jeu parvient également à éviter le piège de la stimulation permanente. Passé le début, où l'on se retrouve lâché dans la nature et où il est facile de papillonner pendant des heures en s'éloignant de la quête principale, Yôtei laisse respirer. On peut choisir notre voie : la quête principale se fait dans le désordre, permettant de se tailler une expérience un peu "sur mesure". On a un peu moins l'impression de passer son temps à vider des camps de bandits quand dans Tsushima, même si cette structure reste présente. Les évènements aléatoires sont très nombreux, et il est fréquent de croiser des PNJ ou d'assister à des scènes sur notre route qui donneront lieu à une quête annexe. Encore une fois, on sent que les développeurs ont joué à Red Dead Redemption 2.

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Le système de combat reprend les bases posées dans Tsushima, mais évolue : on ne joue plus sur les postures, mais sur des armes différentes – long katana, double katana, kusarigama, lance, et même des armes à feu rudimentaires. C'est efficace, fluide, et une fois maîtrisé, on se prend à enchaîner les adversaires avec une certaine jouissance. D'autant que les animations sont toujours aussi réussies, et ajoutent au côté viscéral des affrontements. Malheureusement, certains défauts persistent. Les problèmes de caméra sont toujours là, parfois gênants dans les combats rapprochés. L'infiltration quant à elle reste très factice : des herbes hautes partout, des ennemis qui patrouillent bêtement, des archers qui crient systématiquement avant de décocher leur flèche. Bref, c'est un jeu vidéo qui assume d'être un jeu vidéo, avec tout ce que cela implique de conventions et d'artifices. On préfére donc souvent dégainer son katana plutôt que de s'enfiler ces séquences infiltration pas palpitantes.

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Techniquement, Ghost of Yôtei oscille entre le sublime et le convenable. Par moments, le jeu est magnifique : les panoramas enneigés, les forêts denses aux couleurs de l'automne, les couchers de soleil sur le mont Yôtei... Puis, quelques minutes plus tard, on sent le moteur vieillissant qui peine à maintenir cette illusion, comme sur la modélisation de l'eau. C'est joli, certes, mais on reste loin du saut générationnel promis. Comme d'habitude, le jeu propose un mode perfromances 60 fps (PS5 fat compris) ainsi qu'un mode qualité, plus joli mais en 30 fps seulement (60 sur PS5 Pro).

VERDICT 7.5/10

J'y suis allé sans grand entrain, et en fait, je me suis bien amusé. Voilà qui résumerait le mieux mon expérience sur Ghost of Yôtei. Une suite qui fait les efforts nécessaires pour proposer quelque chose d'un peu différent. Si certains aspects (notamment le système de combat) nous rappellent qu'on est bien dans une suite directe, Sucker Punch a su réajuster sa formule. Pour la rendre plus digeste, plus ludique. Le résultat n'est pas exempt de défauts : moteur vieillissant, infiltration toujours pas folichonne sont encore de la partie. Mais l'ensemble fonctionne mieux que prévu. Ghost of Yôtei est un bon jeu d'action-aventure qui sait ce qu'il veut être et qui l'assume. Pas plus, mais certainement pas moins.

Dernière modification le 21/10/2025 à 15:12.

Ghost of yôtei

Critique rédigée par Ataru
Publié le 21/10/2025 à 15:10
Edité le 21/10/2025 à 15:12

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