Si on m’avait dit que ce Donkey Kong Bananza figurerait tout en haut de mon top des jeux de 2025,, je ne l’aurai pas cru. N’ayant jamais eu d’affect particulier avec le gros singe, le côté “jeu concept” ultra vitaminé ne m’attirait pas plus que ça. Mais bon, il fallait bien nourrir ma Switch 2 fraîchement acquise, et occuper les 15h de vol de mon voyage annuel au Japon. Le pire, c’est que les deux premières heures de jeu, loin de me rassurer, m’ont fait encore plus douter. “Cool, on peut tout casser, la dopamine coule à flot, c’est sympa, mais je ne me vois pas faire ça pendant 20 heures”. Et puis, la révélation. Car Donkey Kong Bananza fait partie de ces jeux, rares en 2025, qui démarrent tout doucement, pour se bonifier tout du long. Les mécaniques de jeu, et le level design se complexifient et gagnent en intérêt à mesure que les heures défilent, et tout casser devient presque artistique. Et que dire du final, absolument génial, tout comme dans Mario Odyssey. Un bon vieux collectathlon 3D rempli de bonnes idées, qui ne fait que monter en puissance durant plus de vingt heures.
Coups de coeurs - Absolum et Octopath Traveler 0
Absolum est en en grosse balance avec Bananza pour mon titre de jeu de l'année 2025. Dotemu nous livre une pépite du beat 'em up, teinté d’un peu de rogue-like. Un jeu qui parvient à me faire surmonter mon allergie aux rogue-likes a forcément un gros truc en plus.
Ex aequo pour le coup de coeur de l'année 2025, Octopath Traveler 0 est le pinacle de le licence, ni plus ni moins. Sur le papier, le jeu n’avait rien pour me plaire, ou presque : une revisite d’un jeu mobile, suite d’une série qui n’a jamais trouvé grâce à mes yeux. Et pourtant, la magie a opérée quasi instantanément, notamment grâce à une écriture largement au-dessus de la moyenne, d’une noirceur qu’on ne voit plus dans les J-RPG actuels. L’impression d’être dans un Berserk mixé à la sauce Suikoden. J’ai beaucoup apprécié également le changement de game design, qui abandonne le focus sur huit personnages pour mettre davantage en avant l’histoire globale et surtout les méchants (vraiment TRÈS méchants). Un jeu à déguster sous son plaid hivernal.
Déceptions de l’année - Death Stranding 2 et Metroid Prime 4 : Beyond
Sans aucune hésitation, Death Stranding 2 est ma grosse déception de l’année. Non pas que j’en attendait monts et merveilles, l’expérience du premier jeu se suffisant largement à elle-même de mon point de vue. Mais quand même, on parle de la suite d’un de mes jeux préférés de tous les temps, de Kojima Sama… il y avait un standing minimum à respecter.
Comme je l’ai souligné dans mon test, je n’ai quasiment rien retrouvé des sensations que j’avais adorées dans le premier opus. Cette solitude, ce sentiment d’être seul au monde face à la nature sauvage, cette lenteur inhérente au gameplay. Aux oubliettes. L'impression de jouer à un ersatz, qui n’a pas saisi l’essence-même de Death Stranding. On peut trouver à redire sur bien des jeux d’Hideo Kojima, mais Death Stranding 2 constitue à mon sens sa première vraie fausse note. Avec le recul, je pense même avoir été un peu trop indulgent avec le titre, dont je baisserai peut-être la note d’un, voire deux points si je devais le refaire aujourd’hui.
Metroid Prime 4 : Beyond mérite également d'être mentionné dans cette rubrique. Inutile de m'appesantir: si vous avez lu mon test, vous comprendrez aisément ma déception sur cet opus, qui devait être l’apogée, ou du moins le renouveau de la licence. Au lieu de ça, on a droit à un jeu bancal, au level design à mille lieux des trois premiers. On ne saura peut-être jamais à quel point le développement chaotique est en cause, mais toujours est-il que Metroid Prime 4 est de loin le moins bon épisode de la licence. Et pour un jeu attendu depuis 18 ans, ça fait mal.
Au rattrapage
Une fois n’est pas coutume, parmi les dizaines de tests à faire, j’ai pu profiter des (rares) moments d’accalmie pour faire des jeux que je n’avais pas eu l’occasion de toucher. Parmi eux, celui qui m’aura le plus marqué est sans doute Warhammer 40K : Rogue Trader. Pour moi, Warhammer restait cette licence ultra geek un peu obscure, jusqu’à la révélation. Ayant commencé à lire des livres sur l’univers, j’ai naturellement décidé de m’intéresser de plus près aux adaptations vidéoludiques. Je l’avoue, j’étais un peu intimidé à l’idée de m’attaquer à un CRPG dans un univers aussi velu que Warhammer 40K. En jeu, la magie a très vite opéré. Surement grâce à un système de combat que les puristes ont pu critiquer pour sa relative simplicité, mais qui s’est révélé être un atout de mon côté. Le jeu est aussi une excellente introduction au lore de Warhammer 40K, car il introduit tous les concepts, factions de l’univers de manière très habile, en plus de disposer d’une encyclopédie complète.
Évidemment, j’ai profité de l’arrivée du formidable remaster de Final Fantasy Tactics pour m’attaquer à cette légende du Tactical RPG. Et je n’ai pas été déçu. Le doublage intégral et les musiques viennent sublimer un gameplay qui a, il faut le dire, vieilli sur certains points. Néanmoins, je n’ai pas été déçu du voyage pour ce jeu d’anthologie. Et si j'avais eu plus de temps, j'aurais aimé joué à Trails in the Sky : First Chapter.
Mes attentes pour l'année 2026
Évacuons d’emblée l’éléphant dans la pièce : Grand Theft Auto VI figure assurément parmi mes jeux les plus attendus de cette année. Pas parce que je suis particulièrement fan de la licence (que j’affectionne toutefois), mais surtout par curiosité. Comment Rockstar va-t-il pousser les potards encore plus loin, après un Red Dead Redemption 2 assez incroyable niveau immersion et monde ouvert? Surtout, comment vont-ils renouveler la formule, qui, selon moi, commençait à s'essouffler avec le 5ème épisode ? Réponse attendue en fin d’année.
Saros tient également une bonne place dans mes attentes de 2026. Ayant adoré l’expérience de gameplay de Returnal, je suis impatient de retrouver le studio Housemarque pour une nouvelle expérience de gameplay total. Enfin, nouveau fan de Warhammer 40K, Dawn of War 4 attire forcément mon attention. Sera-il le jeu qui relancera le genre RTS ? Je l’espère.
La sélection d'Arthemis
Jeu de l’année - Clair Obscur : Expédition 33
L’originalité n’est pas mon fort quant à mon jeu de l’année 2025 qui n’est autre que le grand gagnant des Game Awards : Clair Obscur : Expédition 33. Le fameux chef d’œuvre qu’aucun gamer ne doit louper. En effet, il possède de nombreuses qualités : son histoire riche et pleine d’émotions nous plonge très vite dans un univers dystopique très captivant. Quant au gameplay, moi qui n’aime habituellement pas les systèmes de tour par tour, j’ai été convaincue par celui de Clair Obscur. Et puis j’imagine que je n’ai pas besoin de parler des musiques… nous sommes tous d’accord pour dire qu’elles déchirent. Et il faut se le dire, c’est l’incontournable à ne pas manquer, mais c’est surtout une fierté française !
Coup de cœur - Ghost Of Yotei
Ceci sonne comme une évidence pour moi, personne ne mérite ce titre autant que Ghost Of Yotei, qui a su m’immerger intégralement dans son univers. J’ai tout simplement adoré, au sens large du terme. Je n’avais aucune attente, n’ayant pas spécialement affectionné tant que ça Ghost Of Tsushima, le premier du nom. Mais ce fut une surprise. Un monde ouvert avec des paysages à couper le souffle, au Japon en plus de ça, mais que demander de plus ? Il n’est ni trop long, ni trop court, ce qui ne rend pas l’expérience ennuyante ou pas assez longue pour apprécier l’aventure. Bien que le scénario reste très classique, et que le jeu possède quelques défauts ; j’ai aimé profiter de cette expérience, et c’est ce qui compte.
Rattrapage - Red Dead Redemption
Celui-là ne m’a jamais vraiment tentée, sans doute à cause de son ambiance « Far West » qui n’est pas vraiment ce que je recherche. Mais je me suis laissé tenter, et j’étais très mitigée au début. J’avais peur que cela fasse trop « GTA » mais finalement ça allait. Cette expérience ne m’a pas déçue, l’histoire était poignante, même touchante à la fin. Même si certaines missions étaient ennuyantes à réaliser, en donnant l’impression d’être dans Farming Simulator, j’ai su apprécier l’univers que Rockstar Games a pu proposer.
Déception de l’année - Little Nightmares III
Celui-là m’a particulièrement déçue, comme beaucoup de fans j’imagine. Je suppose que j’avais des attentes trop élevées par rapport aux premiers jeux. J’aurais dû m’y attendre avec le changement de développeurs. J’ai trouvé que l’histoire était terriblement lente, et qu’il y avait possibilité d’aller plus loin. On s’ennuie rapidement, et c’est ce qui nous détache de l’univers horrifique de Little Nightmares. Je m’attendais à plus. En revanche, j’ai très hâte de découvrir REANIMAL, et j’espère qu’il saura nous faire vivre une expérience similaire, voire meilleure que Little Nightmares.
La sélection de JefGrailet
Voilà déjà quelques années que, travail et famille obligent, mon temps de jeu se retrouve réduit à tout juste de quoi parcourir et terminer l'équivalent de trois ou quatre titres. En matière de jeux vidéo, mon année 2024 fut même particulièrement succincte: exception faite de Shadow of the Erdtree sur ma bonne vieille tour dédiée au jeu, je n'avais touché à aucun titre sorti cette année-là. C'est sans oublier que je m'étais alors découvert une nouvelle passion: démonter et restaurer mes vieilles consoles et manettes, certaines commençant à sérieusement accuser le poids des années.
Mais cette année, j'ai enfin pris la peine d'investir dans une nouvelle tour - l'ancienne ayant tout de même tenu le coup presque 10 ans, merci la GTX 1070 - ainsi qu'une Switch 2, avec bien sûr en tête l'idée de profiter de ces nouveaux supports aussi longtemps que possible. Ce qui m'a permis d'enfin rejouer à des titres récents, mais aussi et surtout d'apprécier l'état d'une industrie qui semble approcher, lentement mais sûrement, à un tournant de son histoire.
Et pour la (demi-)déception de 2025... Monster Hunter Wilds
Sorti en fanfare le 28 février dernier, Monster Hunter Wilds n'a clairement pas eu les faveurs des chasseurs au cours de l'année, et ce pour au moins trois raisons. D'abord, parce que l'optimisation sur PC (et pas que) laisse à désirer: même sur des configurations solides (y compris ma nouvelle tour), les baisses de framerate et les plantages sont fréquents. Heureusement, d'ailleurs, que la mise à jour de décembre semble enfin amener des améliorations en la matière... Ensuite, car Capcom a une fois encore conçu le jeu dans l'optique d'attirer de nouveaux joueurs, comme si la percée de World, initialement bien trop simple et guidé pour un vétéran (un manque de challenge heureusement comblé par Iceborne), n'avait pas suffi. Enfin, car le contenu du jeu de base était inhabituellement chiche. Pas besoin de faire de longues analyses pour s'en rendre compte: les vétérans de la saga savent tous que les pochettes de chaque épisode illustrent toujours un combat majeur, mais jamais le dernier de l'opus en question. Même Rise, qui avait décalé en douce sa véritable fin de quelques mois (probablement en grande partie à cause de la pandémie du COVID-19), ne s'achevait pas sur la victoire du joueur sur le Magnamalo. Eh bien, si l'on s'en tient à Wilds tel qu'il est sorti, la pochette illustre la dernière quête scénarisée du jeu. Si les mises à jour gratuites amenant nouvelles quêtes, équipements et monstres sont devenues une norme de la série dès 2018 avec World et que Wilds s'est fatalement étoffé depuis le 28 février 2025, il faut bien appeler un chat, un chat: Wilds tel qu'il est sorti est tout bonnement une early access qui n'a pas dit son nom.
Pour autant, je vous mentirais si j'affirmais avoir été déçu de bout en bout. Malgré tous les problèmes de fond comme de forme de Wilds, j'ai également beaucoup apprécié certains aspects du jeu et de son suivi. Si le scénario n'est clairement pas du Shakespeare, les efforts visibles pour construire un monde vivant et cohérent ainsi qu'étoffer le peu d'histoire de la saga (ou lore, comme le veut l'usage) font plaisir à voir, Wilds se réappropriant même des idées vaguement esquissées dans ses prédécesseurs (si pas dans de vieux artbooks). Au niveau du gameplay, le fonctionnement dynamique des blessures me botte autrement plus que le système équivalent dans Iceborne, où les développeurs ont dû ajouter une animation très artificielle à chaque monstre (celle où le monstre se présente de tout son long pendant quelques secondes) pour rendre le système à peu près viable, même si l'approche de Wilds facilite trop les étourdissements pour l'heure. Et les grands retours du Lagiacrus, alias le roi des mers (combat sous-marin inclus !), et du Gogmazios, le monstre géant le plus proche du kaiju que la série ait pu nous donner à chasser, ont évidemment touché mon coeur de fan de longue date. Sans oublier, en passant, le regain de difficulté offert par les nouveaux niveaux de quêtes ajoutés en cours de route. Last but not least: le lancecanon (ou funlance, comme les fans le surnomment affectueusement), souvent resté à la traîne en termes de dégâts, est enfin devenu une arme top tier. Pour la première fois depuis mes débuts de chasseur, je joue plus au lancecanon qu'à la grande épée.
En fin de compte, je suis moins déçu par ce que Monster Hunter Wilds propose en tant que jeu (surtout après ses mises à jour) que par sa sortie précipitée. On attribue souvent à Shigeru Miyamoto, et semble-t-il à tort, la citation suivante: "un jeu retardé sera finalement bon, un jeu sorti trop vite sera toujours mauvais". Ces dernières années, l'industrie semble vouloir à tout prix donner tort à cet aphorisme à grand renfort de mises à jour étalées sur des mois, voire des années. Je pense par exemple à Cyberpunk 2077, attendu comme le messie à la fin de la décennie passée, sorti dans la douleur fin 2020, qui a fini par se bâtir une solide réputation auprès des amateurs de RPG, notamment via son extension Phantom Liberty. Et si je pense malgré tout que Wilds finira par être un bon jeu à tout point de vue, fut-ce avec une extension, l'incapacité croissante de l'industrie à produire des jeux finis me laisse à penser qu'il est peut-être temps de tourner la page des jeux vidéo AAA.
Et pour le jeu de l'année 2025... Clair Obscur: Expédition 33
Et si, justement, le futur du jeu vidéo s'écrivait avec un A en moins ? On ne va pas se mentir, on en est encore très loin. Après tout, l'année 2026 sera très certainement l'année où Grand Theft Auto VI monopolisera les titres dans l'actualité du jeu vidéo, certains le qualifiant dores et déjà de premier AAAA(rrêtez ça) de l'histoire du jeu vidéo. Et pourtant, le jeu vidéo qui a fait le plus couler d'encre en 2025 s'est contenté de deux fois moins de lettres. Je fais bien sûr allusion à Clair Obscur: Expédition 33, ce jeu de rôle français qui a raflé presque toutes les récompenses de fin d'année en dépit d'une sortie en avril et d'un budget relativement modeste (moins de 10 millions de dollars, selon cette interview).
Je ne vais guère passer en revue les forces et les faiblesses du titre de Sandfall: presque tout a déjà été dit sur ce RPG qui conjugue l'héritage du J-RPG avec l'esthétique de la Belle Époque pour un résultat aussi singulier qu'envoûtant. Et puis, j'imagine déjà l'un ou l'autre joueur fulminer derrière son écran devant une énième éloge de Clair Obscur, ce modeste AA qui "n'invente rien" et dont la bande son "n'est pas si exceptionnelle que ça", peut-on lire ça et là. Rien que pour eux, je vais même vous faire une confidence: je n'ai commencé à jouer à Clair Obscur qu'il y a quelques semaines, et au moment d'écrire ces lignes, je suis toujours en vadrouille dans l'Acte 3.
Alors pourquoi encore lancer des fleurs à Clair Obscur, alors que je ne l'ai même pas terminé ? C'est avant tout pour le contraste qu'il offre par rapport au reste de l'industrie. Je ne parle pas ici en termes esthétiques ou même qualitatifs, mais en termes de direction. Du haut de ma trentaine d'heures de jeu, je n'ai jamais eu la sensation que Clair Obscur s'encombrait d'un système de jeu en trop ou me saturait d'à-côtés, ni que le scénario, mené tambour battant, se perdait en sous-intrigues. Tout au plus, je ne me plaindrais que d'un donjon qui m'a semblé interminable en fin d'Acte 2. Les développeurs de Sandfall savaient ce qu'ils voulaient faire, à qui ils s'adressaient, et ont fait pour un mieux. Point de monde ouvert dans Clair Obscur, mais plutôt une mappemonde à traverser à la manière des Final Fantasy de la vénérable PlayStation pour passer d'un niveau à un autre. Plus qu'un hommage à ces derniers, Clair Obscur ne s'encombre pas d'un monde ouvert car il n'en a tout simplement pas besoin. Au lieu d'un système d'équipement complexe avec crafting comme on en voit partout aujourd'hui, jusqu'aux God of War nordiques, Clair Obscur va droit au but avec son système de Pictos, des bonus qui se perfectionnent et s'accumulent (ou se stackent, comme on dit dans le jargon) au cours du temps, quitte à rendre les personnages complètement craqués. Tout au plus, il faut changer les armes des personnages selon les affinités élémentaires et leurs gimmicks propres. Et après avoir longtemps pesté contre les enchaînements d'attaques interminables de certains boss d'Elden Ring et son extension, je me dis que les combats au tour par tour avec une composante temps réel du titre de Sandfall arrivent à la même conclusion de façon bien plus élégante (et plaisante à jouer), entre autres grâce à ses indices visuels et sonores clairs. Et au-delà de cette élégance, Clair Obscur: Expédition 33 n'apparaît jamais comme un jeu fauché ou de seconde zone, la direction artistique ayant été soignée à tout point de vue.
Au bout du compte, si Clair Obscur: Expédition 33 sort autant du lot en 2025, ce n'est pas juste par que c'est un très bon voire un excellent jeu, mais surtout parce qu'il démontre qu'on peut atteindre l'excellence en s'en tenant à l'essentiel dans une industrie qui a bien du mal à se défaire de l'idée qu'il faut faire toujours plus grand, toujours plus détaillé, toujours plus accessible... Ne cherchez d'ailleurs pas plus loin que la rubrique précédente pour des exemples. Gageons à présent que les éditeurs commencent à se dire qu'un bon projet AA vaut mieux qu'un AAA(A) cassé de partout nécessitant des mois (ou plus) de convalescence. Voilà donc pourquoi Clair Obscur mérite, en 2025, ses honneurs. Et aussi parce que le Pétank est le meilleur mini-boss que j'ai vu dans un RPG depuis un bail.
Et pour le meilleur foutoir multijoueurs... Mario Kart World
À la base, l'achat d'une Switch 2 n'était absolument pas dans mes priorités. Comme beaucoup de joueurs, le prix de la nouvelle console de Nintendo à sa sortie m'avait paru trop élevé, et je me disais que j'attendrais de toute façon que le catalogue de la console s'étoffe tandis que son prix baisse. Sauf qu'au fil des mois, à force de voir Nintendo dévoiler toutes ses nouvelles productions Switch sur Switch 2 plutôt que sur Switch, avec de nettes améliorations techniques, et en réalisant progressivement que la conjoncture économique était clairement défavorable à une baisse de prix, j'ai fini par douter. Un Black Friday plus tard, je craque pour le bundle Mario Kart World et quelques jeux (que je n'ai, d'ailleurs, toujours pas terminés).
Toujours à la base, Mario Kart n'est pas spécialement le genre de jeu qui va me vendre une console, et ce même si je garde un souvenir ému de Mario Kart DS, le premier jeu Nintendo à proposer du multijoueurs en ligne. J'y joue volontiers, bien sûr, parfois il m'arrive même de vouloir finir toutes les coupes avec les trois étoiles en vitesse maximum. Mais si j'ajoute un Mario Kart à ma ludothèque, c'est avant tout pour les soirées entre amis. Un "jeu-raclette", en somme. C'est justement à l'occasion d'une soirée raclette pour une douzaine de personnes que j'ai pu constater une fois de plus le magnétisme du jeu de courses ultra populaire de Nintendo, avec quatre joueurs en écran partagé et un petit public comme hypnotisé autour. Il faut dire aussi que Nintendo a travaillé son jeu de courses en vue de le rendre plus vivant et plus grand, plus bordélique aussi, avec jusqu'à 24 coureurs par course et des connexions entre les circuits, avec en prime un mode "Survie" qui s'apparente à un rallye entre deux points de la même mappemonde, parcourue sans aucun chargement. D'un autre côté, après avoir ajouté les planeurs, les courses sous-marines et l'anti-gravité (sans oublier le kart à deux coureurs dans Double Dash sur le vénérable Gamecube), Nintendo avait probablement épuisé tous les gimmicks possibles et imaginables en termes de conduite, ces ajouts étant souvent des prétextes pour rendre la conception des courses plus spectaculaires.
C'est d'ailleurs du côté du level design que Mario Kart World se distingue le plus de son prédécesseur Mario Kart 8 Deluxe, avec ses nombreux aléas (véhicules, ennemis, etc. viennent souvent perturber les courses), ses routes accidentées et ses transitions farfelues. C'est aussi un des points sur lesquels cette nouvelle itération pêche un peu: ça manque encore de sinuosité, les tronçons tortueux (et étroits) n'étant que ponctuels. D'ailleurs, malgré une quantité délirante de personnages et de skins alternatives, World n'a évidemment pas la quantité gargantuesque de circuits de son prédécesseur, enrichi au fil du temps par des DLCs ainsi qu'un énorme pack de 48 circuits, inclus dans l'abonnement Nintendo Online. Qui plus est, le mode 200cc (qui accélérait considérablement les courses de Mario Kart 8) manque cruellement à l'appel. Gageons à présent que Nintendo entretiendra Mario Kart World de la même façon que Mario Kart 8, en ajoutant de nouvelles cartes (on l'espère plus complexes) au fil du temps. Et le mode 200cc, bien sûr. Même si, entre-temps, Mario Kart World reste un excellent moyen d'animer vos soirées entre amis (joueurs occasionnels ou non).
Commenter